Editorial dePedro GARCIA Directeur Artistique du Festival Chalon dans la Rue et deL'Abattoir, Centre TransNational des Arts de la Rue
Un fabuleux rendez-vous, vecteur immanquable du rayonnement culturel de notre ville, voilà ce qu’est Chalon dans la Rue. Cinq jours incontournables, tout autant attendus des artistes, des Chalonnais, que des festivaliers. Tout est en place pour vous permettre d’appréhender à travers cette 22e édition, l’ampleur de l’actualité des arts de l’espace public.
Ici votre soif de découverte sera étanchée, prenez le temps tout au long de ce festival de rechercher les instants singuliers et fugaces qui s’y cachent, ils sont à savourer, mais sachez les prolonger avec gourmandise. In et Off confondus, c’est plus de 1000 représentations, 150 projets d’artistes, d’auteurs que les compagnies offrent à votre sagacité, une réelle mise en partage d’émotions polychromes et d’expressions variées. Alors n’oubliez pas de refaire le monde. Laissez s’installer ces interminables discussions amicales. Confrontez fraternellement vos points de vue les plus inconciliables, là réside le pur bonheur d’être ensemble. Arrêtez le temps ! Du Festival à Bâtons Rompus à l’Heure entre Parenthèses, venez entendre la parole controversée des batteurs de pavés, et mesurer la réalité nouvelle des enjeux de la création pour la prochaine décennie. Cette décennie à venir !
Justement parlons-en, tous les artistes l’abordent avec inquiétude. À marche forcée, de numéros d’objet en RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), de gel budgétaire en Entretiens de Valois, le Ministère de la Culture se réorganisant, le paysage culturel se transforme profondément. Les soutiens se font plus rares. Les projets plus fragiles. L’incertitude et la précarité gagnent une majorité de compagnies. Mais nous savons tous que le devenir de nos sociétés, de nos républiques ont partie liée avec la culture qui mène à l’émancipation, avec la démocratisation culturelle qui conduit à la connaissance, avec les arts qui nous rappellent que notre futur réside dans la compréhension de l’autre. Ne nous renions pas ! Ne devenons pas étrangers à nous-mêmes ! De tout temps, ce pays a montré la voie qui permet d’accompagner les arts, la pensée, la philosophie, l’humanisme. Terre de culture, nous sommes ! Terre de culture nous devons rester ! Que la fête soit belle ! Que tous ces artistes si généreusement rassemblés portent jusqu’à vous, le souffle fragile de leur poésie. Bon festival à vous et à vos proches !