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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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The Brig (Berlin)

OPPRESSANT ET GRANDIOSE

Par sa mise en scène ultra-réaliste, « The Brig », qui retrace le quotidien de détenus d'une prison militaire américaine, fait l'effet d'un électro-choc. Cette création du Living Theater, théâtre et troupe engagés de New York, entame sa tournée européenne par l'Allemagne, avant de jouer en Italie.

Entre la scène et les spectateurs, d'immenses fils barbelés tendus. Sur scène, une immense cage en fil de fer, dans laquelle se trouve 5 lits superposés. Le décor donne le ton. Le public va regarder la représentation d'une tranche de vie de prisonniers militaires aux Etats-Unis. Ames sensibles, s'abstenir. L'angoisse que suscite ce décor de prison grandit au fur et à mesure de la pièce.

On ne sait rien des prisonniers, ni de leurs gardiens. Sinon qu'ils sont Américains. D'ailleurs la pièce est jouée en anglais. Le spectateur est plongé directement dans le quotidien des détenus. Ils sont dix. Des numéros ont remplacé leurs noms. Allongés dans leurs lits superposés, ils se lèvent aux hurlements de leurs gardiens. Et l'enfer de leur journée commence.


Sous la surveillance et les hurlements omniprésents de leurs quatre surveillants, les hommes doivent s'habiller en cadence en regardant toujours droit devant eux, marcher militairement, se brosser les dents, faire le ménage, aller aux toilettes, faire leur lit, refaire le ménage, lire le manuel du Marines. La journée est minutée. Chaque geste est effectué sous la contrainte. Les prisonniers ne décident de rien. Tous les trois mètres, ils doivent demander la permission de franchir un pas supplémentaire. Ils vont aux toilettes quand on le leur dit. Les humiliations sont permanentes. Sous l'oeil narquois des gardiens, il leur faut obéir à l'ordre de mettre la tête dans les WC, d'entrer dans une poubelle, de se faire frapper, sous peine d'être encore plus maltraités.

Nerfs à vif

Les ordres hurlés par les surveillants et les demandes de permission criées par les détenus sont les seuls dialogues de cette pièce. La répétition des gestes, des mots, les cris, les pas cadencés, les bruits de bottes, les coups, la surveillance omnisciente, les barbelés, le plaisir de nuire, mettent les nerfs des prisonniers à vif. La peur, la détresse, l'impossibilité de réfléchir se lisent sur leur visage. Les spectateurs sont presque aussi oppressés. Cette mise en scène ultra-réaliste est plus efficace que tous les grands discours sur le respect des droits de l'homme et de la dignité des prisonniers.
 
« The Brig » a été joué pour la première fois à New York en 1963 pour dénoncer la brutalité des relations dans les prisons militaires américaines. Très bien accueillie par le public, cette pièce a été écrite par les fondateurs du Living Theater, Julian Beck et Judith Malina. A 81 ans, cette dernière signe la mise en scène de la version 2007. Face aux exactions commises envers les prisonniers militaires retenus par les Américains à Guantanamo (Cuba), cette pièce garde toute sa force et sa vocation.

Marie MASI (Berlin)

« The Brig »
Texte : Kenneth H.Brown
Mise en scène : Judith Malina (www.livingtheater.org)
Interprétation : Gene Brackett, Gene Ardor, Kesh Baggan…

Prochaines représentations : du 8 au 11 mai au Theaterhaus de Stuttgart.
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The brig sera présenté dans le cadre du Festival de Liège à L'Ancre - Charleroi -Belgique le 17 février 2009.
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