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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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Game over (Tournai / Belgique)

LES ZAPPINGS DU MAL ÊTRE

Sur fond de violence généralisée, de famille déboussolée, de manipulation des esprits par le virtuel des medias et des jeux vidéo, d’allergies à l’autorité, ce drame se veut le reflet de notre société en quête de sens.


La pièce a des allures de fourre-tout. On y trouve pêle-mêle pour supports : dialogues, chansons, vidéo, micros, sous-titrage, expression corporelle… ;  pour contenu : une critique de la télé et du net, une vision de la famille dépassée par l’évolution, des jeunes en proie à l’incertitude des valeurs et à la non-communication, une confrontation entre tradition teintée de christianisme à Noël et réalité récurrente des violences impulsives tant individuelles que collectives, un antagonisme virulent entre plaisirs à consommer et désarticulation du fonctionnement économique mondial… Il y a de vrais comédiens, des images d’acteurs jouant un rôle et des gens ordinaires déplacés dans la téléréalité,  des incarnations d’êtres sensibles et des caricatures aux traits forcés.


Trop de « trop »

La richesse même du propos a tendance à brouiller les messages. Le texte - extrêmement proche du parler journalier des jeunes - ne transcende pas un langage qui finit par n’apparaître qu’avec ses tics, telle soit la surabondance de l’adverbe « trop », utilisé sans modération, soit l’invasion déferlante des termes anglo-saxons.  Le ton, souvent criard, est facteur d’agacement plutôt que vecteur d’émotions.

Le rythme du spectacle s’inspire du zapping. Les saynètes sont brèves. Elles alternent avec la projection de pubs, des interviews confessions, des fragments d’émissions. Le tout a beau être rapide, il reste comme des flottements brouillons entre chaque séquence lorsque les interprètes cherchent leurs marques afin de se placer là où il faut pour la scène suivante.

Malgré ses défauts de cohérence et son étirement dans la durée, le spectacle s’affirme comme miroir de notre société. Il s’avère bon support à débats. Il pose en effet une multitude de questions sociétales. Il s’inscrit davantage dans un processus socio-culturel de théâtre forum que comme réalisation dramatique aboutie.

Michel VOITURIER (Bruxelles)

À la Maison de la Culture de Tournai, le 16 avril 2008.
Texte et mise en scène : Jeanne Dandoy
Assistants : Aurélie Molle, Jean-François Ravagnan 
Distribution : Alfredo Cañavate, Emilie Jonet, Vincent Hennebicq, Sophia Leboutte, Baptiste Sornin (scène) ; Jeanne Dandoy, Luca Eliseo, Diego Murgia (vidéo)
Création vidéo, mixage vidéo en direct : Jean-François Ravagnan
Scénographie : Johan Daenen
Costumes : Catherine Picqueray
Univers sonore et arrangements musicaux : Guillaume Istace
Lumières : Benoit Gillet |
Maquillages : Zaza da Fonseca |
Répétition chants : Alberto Di Lena.
Coproduction : Seriallilith, Théâtre National, le manège.mons/cecn
Avec le soutien de Théâtre & Publics et du Groupov,  l'aide du Ministère de la Communauté française de Belgique.

Photos © Lou Hérion.

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