Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.
En concert au Bateau Ivre (Tours), les 4 compères de « Courir les Rues » promettent de la chanson swing, à grand renfort de cuivres et d’engagement poétique. Promesse un brin prétentieuse…

Il y a là JB, Maxime, Olivier et Louis. Quatre gars pleins de punch. Quatre musiciens polyvalents, du trombone à la caisse claire, du violon à la guitare en passant par l’accordéon… mais (exception faite de JB à la trompette) bien peu de prodiges…
Certes, ils ont l’avantage de ne pas se prendre au sérieux et de flirter plutôt habilement avec l’humour. Ils ont aussi l’indéniable atout du dynamisme et un sens de la scène patenté. Mais cela suffit-il à faire de cette prestation une réussite ? Rien de moins sûr.
Sur des mélodies souvent simplettes, les paroles ne présentent généralement même pas l’intérêt de l’esthétique. Et encore moins celui du message. Une platitude qui n’a d’égale que celle de la pauvreté des rimes. Quant aux rares jeux de lumières, leur agressivité les rend désagréables et n’ajoute pas grande utilité à l’ensemble. Un ensemble qui semble ne pas avoir encore trouvé son juste souffle…
Car des qualités, le groupe en a. Certaines mélodies sortent du lot, swinguent effectivement plus que les autres. Ce n’est jamais de la grande musique, mais on se laisse prendre par la bonne humeur et l’humour de certaines chansons. Et lorsque les compères décident de mêler leurs voix, ils font oublier la flagrante faiblesse de chacune prise isolément… Et la magie opère alors. Il est donc dommage qu’ils ne sachent pas suffisamment sélectionner leurs textes. Qu’ils n’exploitent pas assez le filon de l’humour et qu’ils ne conjuguent pas plus souvent leur voix. Leur talent s’exprimerait sans doute plus pleinement dans ce registre là…