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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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Une Soeur de trop (Bruxelles)

UN TALENT EN PLUS !

Plutôt qu'un théâtre, un lieu polyvalent, tel est l'auditorium des Riches-Claires, plein centre de Bruxelles. La précision a son importance pour mieux saluer la gageure que représente toujours le fait d'y monter un spectacle…


Exactement ce qu'aime Georges Lini qui assure la mise en scène, une garantie de qualité (ce découvreur d'écritures nouvelles n'a t-il pas été récompensé au "Prix de la Critique 2007/Meilleur spectacle /Incendies", dont il était metteur en scène ?). Il aime que l'on sente la cuisine qui « frichtouille » et les vies que l'on fouille, que l'on souille, avec réalisme. Et donc, pari gagné : on s'y croit dans ce petit intérieur provincial (scénographie de Renata Gorka et lumières de Benoit Lavalard), comme on croit aux échanges animés qui s'y déroulent sans laisser une seconde de répit au spectateur-voyeur.

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Une auteure de talent de plus

Sophie Landresse est responsable de l'écriture et de l'interprétation de "Une Sœur de trop". Il faut admirer son talent d'auteure, tout neuf, et celui qu'on lui connaissait, de comédienne.  Curieusement, c'est une autre comédienne-auteure (Christine Reverho) qui, en début d'année à Paris, avait parlé de fratrie (deux sœurs) avec "Chocolat Piment", d'un parent-à-secrets, d'un homme jeune et d'une comparse-tireuse-de-marrons du feu. La possible comparaison s'arrête très vite. Si avec "Une sœur de trop" cela se passe également loin d'une capitale, c'est d'un patelin perdu en Wallonie qu'il s'agit, et la réflexion se fait moins boulevardière (avec répliques attrape-rires), plus rude, sur un rythme plus nerveux et avec des déchirements plus réels et beaucoup moins policés qui font s'affronter des caractères qui ne sont pas caricaturaux et sont brossés avec vigueur et justesse.

Sophie Landresse est Sylvia et Bernadette Mouzon, sa sœur aînée, Hélène. Elles viennent de vivre le deuil de leur mère de manière différente, l'une en déprimant, l'autre en s'activant… dans tous les domaines, mais les comportements vont s'inverser au cours de la pièce.  "Cherchez l'homme": l'irruption du fiancé potentiel qu'est ce Luc, interprété par Jean-François Rossion et de sa mère-marieuse, une Jacqueline Nicolas savoureuse, va changer le cours de leur petite existence dans la maison familiale en voie de délabrement qu'elles se partagent encore... Le père des deux sœurs a disparu il y a longtemps, la voisine est accompagnée de son chien pour ses visites pas toujours discrètes et le seul homme présent n'est qu'un brave gars un peu frustre. Le fait que, une fois n'est pas coutume, les personnages masculins soient peu représentés serait-il dû à une "écriture féminine" ? A moins que la priorité de l'auteure ait été "d'étudier l'amour mimétique", de mettre mieux en valeur cette difficulté (qui devrait biologiquement n'en être pas une) de s'entendre, de se comprendre, entre deux êtres si "proches", "trop proches"…

Quoi qu'il en soit, elle a réussi à toucher et faire sourire, sans prétention ni prise de tête, même si on ne peut s'empêcher de se poser des questions générales comme : pourquoi diable tant de peine à se dire ses peines ? Et cela concerne non seulement le trio qui pourrait s'épargner de se faire tant de mal pour arriver à s'écouter, à se parler simplement, à être sincère… mais cela regarde aussi chacun de nous, pauvres humains si compliqués !

Suzane VANINA (Bruxelles)
 
Crédit photo © Pierre Bodson

Du 6 au 24.11.2007 – C.C. des Riches-Claires – Tél : 02.548.25.80 – www.lesrichesclaires.be

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