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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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Où est passé Mozart ? [Jeune Public] (Huy/Belgique)

LA TRADITION DU HAPPY END

Elle est professeur de musique. Lui est son élève. Elle est divorcée avec un enfant. Il ne le sait pas. Il est divorcé avec un enfant. Elle n’en sait rien. Comme il est amoureux d’elle et qu’elle est attirée vers lui, que peut-il donc bien se passer ?


Ce schéma de départ induit forcément les quiproquos classiques qui mènent à ces scènes de dépit amoureux dont la comédie traditionnelle s’est nourrie depuis quelques siècles. À partir du moment où chacun imagine les pensées et les intentions d’autrui en fonction de ses désirs ou de ses obsessions personnelles, le décalage se creuse entre la matérialité d’un comportement et son interprétation. Ce décalage –- de même que l’écart existant entre ce qu’on est et ce qu’on veut paraître  - reste un des moteurs du rire.

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Sur cette mécanique a été travaillée le divertissement gentil de la compagnie de l’Anneau. Bertrand Kahn y est parfait pour jouer les timides maladroits quoique pétri de bonne volonté, les apprentis chanteurs juste un peu à côté de la note juste. Julie Nayer est crédible en femme pressée, stressée, bousculée s’efforçant d’enseigner la sérénité à ses élèves.

La mécanique imparable des oppositions fonctionne parfaitement dans un décor sans surprise. Pourquoi dès lors la réalisatrice du spectacle s’est-elle efforcée d’y introduire une note de fantastique en surajoutant un délire fantasmatique qui mène Anna la pianiste à incarner Anna Karénine pour un Félix emberlificoté entre les cordes et les marteaux à l’intérieur de son instrument ? Si c’est pour le spectaculaire, c’est gagné. Si c’est pour enrichir la psychologie des protagonistes, c’est plutôt superflu.

La pièce demeure donc dans les limites bien sages de la tradition bien appliquée, y compris dans sa conclusion très morale de la recomposition logique d’une nouvelle famille. C’est évident, le titre de l’œuvre n’aurait pas pu être « Où est passé Xenakis ? »

Michel VOITURIER
www.ruedutheatre.info

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 21 août 2007

Où est passé Mozart ?
Texte et mise en scène : Ariane Buhbinder
Distribution : Julie Nayer, Bertrand Kahn 
Scénographie, costumes et accessoires : Emilie Cottam 
Décor sonore : Marie-Sophie Talbot
Lumières : Benoît Lavalard

Production : L’Anneau Théâtre (Bruxelles)

Durée : 50’
Public : de 8 à 12 ans

Photo © Valérie Burton
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