COMMENT S’EST DIVISÉ LE MONDE Des conteurs africains se passent la parole pour nous narrer l’histoire des débuts du monde. En trio de parleurs, danseurs, musiciens, chanteurs, ils dynamisent le verbe et le geste avec un humour qui déclenche la complicité d’un public accueilli comme une bande d’amis venus partager une veillée en toute convivialité. Ce conte-ci démontre de quelle manière les créatures sont devenues soit carnassières, soit végétariennes et pourquoi les animaux ne parlent plus. L’histoire est prétexte à s’amuser avec la salle en semant çà et là des allusions au pays d’accueil, la Belgique (mais c’aurait tout aussi pu être la France), dont les coutumes sont différentes de celles de l’Afrique. Il est vrai que, dans ce spectacle, tout relève du domaine de la joie. Ce qui se traduit aussi par le comportement des interprètes : bondissants, hilares, volubiles, agiles, primesautiers.

Nombre de thèmes transparaissent. Celui des langues et de leur diversité. Celui du travail, fondamental pour la production de biens indispensables à la survie. Celui des loisirs et de la créativité, primordial à l’équilibre et au développement personnel. Celui de l’échange culturel menant à une meilleure connaissance de l’autre. Et encore celui de la solidarité (à travers, par exemple, l’action des fourmis fabriquant une carapace aux tortues afin de les protéger des prédateurs), celui de la liberté de vivre en communautés différentes sans esprit de revendications.
Musiques et chants ponctuent la narration. Les répliques fusent, ricochent. Le ton bon enfant fait passer les messages. Manifestement le plaisir est autant sur scène que dans la salle. Manifestement cela ne correspond pas de manière superficielle à la vague actuelle qui se nourrit de discours à propos d’écologie. C’est une communication directe. C’est un chaleureux échange dont on sort sourire aux lèvres, avec l’envie de contact festif et ludique avec ses voisins.