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Le Magazine du Théâtre européen et en Europe - Le Quotidien du Festival d'Avignon In et Off depuis 2003.

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On ne peut pas tout embrasser

SENS INCLASSABLE DE LA PARODIE

Voilà un spectacle atypique...  Peut-être même inclassable. Ce n'est pas vraiment du théâtre,  pas non plus du cinéma bien que ce dernier y tienne une place prépondérante, pas du  cabaret... Alors, qu'est-ce ?


Quand on entre dans le théâtre, il est déjà en train de casser des oeufs dans un saladier pour  préparer un gâteau qu'il va mettre au four pendant toute la durée de la représentation...  Lorsqu'il quitte le plateau, la lumière s'éteint et voici que la table de cuisine se métamorphose en un cercueil dont le couvercle, lentement, se soulève... En sort le comte  Dracula... Mais ce Dracula, drapé dans sa cape, l'est aussi dans un certain ridicule : il porte  un pantalon avec des bretelles et ses maladresses font plutôt penser à Leslie Nielsen dans Dracula mort et heureux de l'être qu'à l'emblématique Christopher Lee ! Nous le  voyons ensuite mimer James Bond dans une parodie très drôle des films de la série...

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Théâtre et cinéma en osmose. Car le spectacle repose presque entièrement sur l'évocation visuelle ou racontée de  séquences de films célèbres. L'autre comédien use de la parole et de ses capacités  d'identification à des personnages pour raconter des scènes de films documentaires sociaux ou sur la guerre d'Algérie et c'est parfois bouleversant...
Mais la parodie se poursuit avec la  science-fiction (2001... la Guerre des  Etoiles) où, sur un fond de l'air du Beau Danube bleu, la machine à laver devient une fusée interplanétaire.  Bref, nous sommes du début à la fin, introduits dans l'univers des deux personnages, univers qui n'est guère que cinéphilique.

Les comédiens, Laurent Deville et Michel Escaillas, font  preuve de beaucoup d'énergie complice dans cette mise en scène de Caroline Bertrand-Hours  qui   relève  le  défi  de  réussir  l'osmose  du  réalisme et du surréalisme  cinématographique (le cinéma étant en lui-même d'essence surréaliste), l'hyperréalisme à un expressionnisme quasi grand-guignolesque totalement décalé, aux limites de l'onirisme, tout  en ménageant cette indispensable distance entre la vision du rêveur et lui-même...

Le spectacle captive et amuse vivement et le public réagit en conséquence... A la fin, chaque  spectateur est invité à goûter une part du gâteau à sa sortie du four...

Henri LÉPINE
www.ruedutheatre.info

Cie du Périscope, Au Magasin Théâtre, Rue des Teinturiers, ts les jours à 19 heures  jusqu'au 28 juillet.

Photo © DR
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