PAS SI DARD QUE CA
Jouant sur un patronyme célèbre, le titre du spectacle peut être trompeur. Et si l’on vient dans l’idée d’une référence à l’auteur de San Antonio, la déception risque d’être grande. Sauf à se laisser glisser dans l’univers fantasque de cet autre Dard… 23 décembre dernier. Patrick Dard s’apprête à retrouver sa chère et tendre après des mois de séparation. Les retrouvailles s’annoncent belles. Mais aux surprises de Noël, la dulcinée ne fait pas les choses à moitié. Et la pauvre orpheline à laquelle le sieur à donné son cœur se révèle être fille de grande famille. Avec des parents célèbres et bien vivants. Une fratrie nombreuse. Et des mœurs pour le moins déconcertantes.
Plutôt bon comédien, Patrick Dard endosse tous les rôles. Le sien, évidemment, mais aussi celui de Caroline, sa fiancée, Romain, son beau-frère rugbyman, Laetitia, sa jeune belle-sœur à la main verte et ses ineffables beaux-parents. Le tout sans que l’on perde jamais le fil de qui est qui. Ce qui est déjà fort. Mais le talent de Dard ne s’arrête pas là. Son écriture est aussi un petit bijou de jeux sur le double sens. Ce qui lui permet de jongler avec la grivoiserie sans jamais être vulgaire ni grossier. Et d’inviter le public dans un univers extravagant et cocasse. Avec style.
Alors ce Dard là est sans aucun doute l'une des bonnes surprises de ce festival. Même si la mise en scène reste encore à affiner, même si les noirs entre les différents tableaux sont un peu trop longs, même si l’introduction, version show à l’américaine, dénote un peu par rapport au reste du spectacle. Au hit parade des découvertes, l’outsider Patrick Dard est définitivement un poulain prometteur.
Karine PROST
www.ruedutheatre.info
Sale temps pour le Dard, de et par Patrick Dard.
Théâtre de l’Ange à 22h15.