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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

19 juillet 2004 1 19 /07 /juillet /2004 00:00
Y’A LA TENDRESSE ET Y'A LE TALENT

Ne vous attendez pas au témoignage sordide et exhibitionniste d’une pute ordinaire, comme on vous le proposerait - c’est dans l’air prétendu du temps - au rayon best-sellers.

 

Ici, une lecture, une rencontre, un coup de coeur ont conduit la comédienne Marie Vernalde à adapter « La passe imaginaire », ouvrage qui compile sur une décennie les rapports épistolaires de Grisélidis Réal, modèle, puis prostituée, avec un journaliste suisse.



La comédienne, manifestement séduite par ce personnage atypique et singulier, raconte : « Grisélidis a fait des études, possède une grande qualité littéraire, voyage, parle plusieurs langues ; elle a fréquenté, à Paris et en Suisse, beaucoup d’intellectuels et d’artistes, peintres et dessinateurs, tout cela lui donne plus de facilité pour témoigner et, plus tard, pour s’engager dans le combat aux côtés des prostituées. » Grisélidis – le nom d’une fée tiré d’un conte imaginaire - est aujourd’hui une (respectable) « vieille dame » de 75 ans, qui vit à Genève, où elle disposerait, chez elle, d’un centre de ressources documentaires sur la prostitution, de mondiale renommée.

 

Alors, appelons là « Solange », de son véritable nom de travail, mais elle pourrait aussi bien s’appeler Sophie, Claudia, Emma, peu importe. Dans l’intimité aux tons ocres du théâtre des Trois Pilats, où elle nous reçoit, comme dans son salon, la jeune femme, par la voix de la sémillante Marie Vernalde, se livre à des confidences. Tout à la fois fraîche et mutine, elle conte des typologies croustillantes d’amants, qu’elle « calme, cajole, rassure », brosse ses relations avec les travailleurs immigrés, ses clients d’une certaine époque, des Turcs, des Arabes, des Siciliens… et peint de ceux-là, en un même perspicace mouvement, la psychologie, la dégaine ou les membres ! Elle donne son corps à tous et son cœur à peu, dit-elle en substance. Parfois, pourtant, les élans de cette femme généreuse semblent nous certifier l’inverse.

Y’a une tendresse et y’a un talent rondement mâtinés dans l’interprétation très spontanée de Marie Vernalde, qui évite le gouailleux, le tapageur et le racoleur, ici hors-propos, pour nous faire simplement découvrir, en une tranche de vie pleine de charme et de tact, le quotidien et les réflexions d’une femme dans toute la vérité de son attachante nature. Une femme qu’on devine, qu’on devine seulement, haute en couleurs.

Hé, passants, venez donc vous offrir une petite heure agréable avec « Solange »… En tout bien, tout bonheur !

Stephen BUNARD

Y'a l'amour et y'a l'travail
D'après "La passe imaginaire" de Grisélidis Réal.
Adapté et joué par Marie Vernalde.
Compagnie Luna Rossa (Picardie).

Lieu : Théâtre des Trois Pilats
18 place des Trois Pilats
Réserver : 04 90 85 67 74

Heure : 13h (durée : 50 mn)

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15 juillet 2004 4 15 /07 /juillet /2004 00:00

LE POUVOIR EST UNE DROGUE DURE

Être le premier à tout prix, y compris le pire.

Un homme fait la queue ou se prépare à faire la queue : on ne sait pas… Puis un second s’immisce, et la situation se corse. Qui va être le premier ? Qui va être le second ? Le second ou le deuxième ? Car d’autres peuvent arriver et changer la donne…

Le Premier est d’une tragique actualité. En ces temps âpres, où l’homme d’en haut est un loup pour l’homme d’en bas, la pièce d’Israel Horovitz appuie là où ça fait mal. C’est une leçon de lucidité, avec des mots légers, mais lourds de conséquences et gorgés d’humour noir. Visiblement, Horovitz observe avec une extrême minutie l’âme de ces quatre hommes et de cette femme. Il extrait le suc de cette grappe humaine, presse le jus jusqu’à la lie. Jusqu’à l’hallali ? Le pouvoir est une drogue dure…

La mise en scène du jeune Bruno Ladet se remarque à peine : c’est un ballet réglé comme du papier à musique. À l’image du bonhomme : taiseux mais efficace. Et profond.

Malgré une traduction de Claude Roy qui sent parfois trop l’américain, qui témoigne de l’idée que les écrivains ont des gens ordinaires, les comédiens sont d’une redoutable générosité. Christian Canot dessine, mine de rien, un Dolan cauteleux et roublard qui n’a pas les moyens de ses ambitions. Éric Cugnot compose un Arnall attachant et pitoyable, écartelé entre deux sexes. Laurent Battist interprète avec truculence et humanisme un Fleming rugueux battu d’avance, Sandrine Bestel incarne de tout son corps une Molly plus maligne et plus aimante qu’on ne croit, enceinte de toutes les blessures des femmes. Nicolas Beaucaire, enfin, se régale à nous offrir un Stephen machiavélique, bondissant, sûr de lui et terrifiant.


Le Premier, d’Israel Horovitz
Mise en scène : Bruno Ladet
Compagnie Nouvelle Éloïse, 3, Grand-Place • 95000 Cergy
Tél./Fax : 01 30 32 61 13
Contact : 06 77 75 68 55
Assistant à la mise en scène : Bruno Dairou
Avec Laurent Battist (Fleming), Nicolas Beaucaire (Stephen), Sandrine Bestel (Molly), Christian Canot (Dolan) et Éric Cugnot (Arnall)
Chorégraphie : Anne Blanchard
Création lumières : Alexandre Ursini
Théâtre des Halles, 4, rue Noël-Biret • Avignon
14 heures (1 h 10)
Tél. : 04 32 76 24 51
Tarifs : 14,5 € / 10 €
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14 juillet 2004 3 14 /07 /juillet /2004 00:00

 

UN POÈTE DU RIRE

 

 

Oui, a priori, c’est un Rufus inhabituel. Inhabituel parce qu’il s’offre sur des textes de Coluche, Raymond Devos, Alex Metayer, Marc Jolivet, Fernand Raynaud, Muriel Robin…



Mais, pour moi, c’est celui qu’il a toujours été : un poète du rire. Un comédien à l’art physique et spirituel, un artiste qui transpire l’humanité par tous les pores de sa peau. Un délicat transparent qui manipule des œufs de mouche avec ses grandes belles mains, qui fait éclore les gags comme des coquelicots, qui nous fait respirer l’humus de l’âme humaine et nous en fait sentir l’exhalaison suave et tendre.

Nous sortons du Fantaisiste le cerveau embaumé, le cœur en fête et le nez plein de parfums. Pourquoi épiloguer ? C’est un spectacle indispensable, point. Final.

 


Le Fantaisiste
Textes : Jean-Marie Bigard, Dany Boon, S. Joly, Albert Dupontel, Coluche, Raymond Devos, Alex Metayer, Marc Jolivet, Fernand Raynaud, Muriel Robin, Jacques Villeret, Zouc, Dick Annegarn, Pierre Palmade, Gérard Darmon, Rufus
Avec Rufus (le fantaisiste) et Basileus (Ninsakou)
Mise en scène : avec la complicité de Philippe Adrien
Lumières : Zoé Narcy
Costume : Martine Henry
Photo : Catherine Cabrol
Le Petit Louvre, 3 bis, rue Félix-Gras • Avignon
Tél. : 04 90 86 04 24
Du 8 au 31 juillet à 12 heures (1 heure)
20 € et 14 €
 
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13 juillet 2004 2 13 /07 /juillet /2004 00:00

FAUSSES NOTES

Un bon quart d’heure réjouissant et puis, plus rien. Ou plutôt des partitions d'acteurs qui deviennent réellement frauduleuses.

Tout commence par un savoureux cours à l’école, avec ses chamailleries, ses apprentissages par cœur, la formation du caractère, et naturellement la dénonciation d’un certain totalitarisme en matière d’éducation mais aussi comment l’école est un efficace véhicule des idéologies. Jubilatoire avec un quatuor de comédiens d’une exceptionnelle drôlerie et de jolis moments de cruauté enfantine. Excellent Yann de Monterno, plus vrai que nature. Dans cette partie, c’est du Beckett ou du Ionesco. Visniec nous a habitué à des voyages en Absurdie, même s’il en fait rarement l’élément central de ses pièces, davantage une toile de fond.



Ensuite, l’action et les personnages partent en vrille. C’est le naufrage. Médusés, on assiste à un festival d’incongruités, un comique de répétition roboratif, une loghorrée fastidieuse. L’idée consistait à montrer dans les saynètes suivantes comment les mêmes personnages vivent leur cycle de vie, le bureau, les relations de couples, puis vers la fin, le bar, où tous dégueulent leurs insignifiantes conditions. On comprend seulement que le sexe est un moteur vital dans tous ces univers, mais l’ensemble est si proche de la réalité, la rejoignant dans sa banalité, que le talent des comédiens et l’effort à nous toucher demeurent insuffisants. Les spectateurs quittent la salle en grappe devant ce Visniec en somme bien déroutant. A y perdre son roumain.


Partitions frauduleuses
Mise en scène : Antoine Chalard - Compagnie du Midi
Texte : Mateï Visniec
Condition des soies – 13 rue de la Croix • Avignon
Tél. 04 90 85 25 87 – Télécopie 04 90 86 80 68
Courriel : compagniedumidi@free.fr
Horaire : 18 h 15 - Durée : 1 h 10
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13 juillet 2004 2 13 /07 /juillet /2004 00:00

UNE GRANDE CLAQUE EN PLEINE GUEULE

Pourquoi vous raconter l’histoire d’Hamlet ? Shakespeare a touillé dans le chaudron des passions humaines : amours, complots, assassinats, démesure… Éros et Thanatos sont prêts pour une longue route. Une route inéluctable. À sens unique.

Immédiatement nous sommes cernés par la tragédie en marche : un peintre (Florica Malureanu) a dessiné l’enclos des folies de l’homme, avec une minutie d’enlumineur. Nous ne sortirons plus du cercle sacré.



Pourquoi analyser, pourquoi disséquer le plaisir ? Pourquoi vouloir comprendre à tout prix ? Vous allez prendre une grande claque en pleine gueule. Vous allez en prendre plein les yeux, plein les oreilles (Horváth Karoly), plein le corps, plein le cœur. Un ouragan rageur vous bousculera, vous balaiera, vous emmènera très loin. Ailleurs. Au pays de la Beauté.

La troupe franco-roumano-hongroise de douze comédiens – oui, douze ! – est totalement engagée dans la bataille théâtrale. Jean-Marc Hérouin impose avec grâce un Claudius de grande classe. Olivier Comte, inouï, bouffonne magistralement un ébouriffant Polonius. Máté P. Gábor rugit, feule, miaule un Hamlet brûlant dont on se souviendra longtemps. Ioana Craciunescu, au port de reine, rend évidente Gertrude, folle d’amour, tigresse racée prête à sauter sur sa proie. La scène, c’est sa tanière. Adriana Butoi nous tétanise avec sa vibrante Ophélie. Keresztes Sándor, Körösi Csaba et Codrina Pricopoaia assument magnifiquement leurs rôles de comparses.

La mise en scène d’Anca Bradu est d’une limpidité exemplaire.

À ce niveau-là, le théâtre, c’est le pain. C’est grâce à des artistes comme ceux de Hamlet.intolérable que je continue de vivre.


Hamlet.intolérable, d’après William Shakespeare
Adaptation : Sebastian-Vlad Popa et Anca Bradu
Mise en scène : Anca Bradu
Cie Spleen d’or • Bucarest (Roumanie)
En coproduction avec le théâtre d’État Pétofi Sandor • Veszprem (Hongrie) et Enfants planète esperanza • Paris (France)
Contacts : Françoise Fougea (06 83 85 66 64)
et Claire Didoin (06 15 01 73 89)
Projet théâtral qui a reçu le soutien du programme Culture 2000 de l’Union européenne
Décors et costumes : Florica Malureanu.
Musique : Horváth Karoly
Chorégraphie : Malina Andrei
Avec Máté P. Gábor, Keresztes Sándor, Nyirko Istvan, Körösi Csaba, Ioana Craciunescu, Adriana Butoi, Codrina Pricopoaia, Olivier Comte, Jean-Marc Hérouin, César Méric, Cédric Orin et Vincent Priou Delamarre
Théâtre du Bourg-Neuf, 5 bis, rue du Bourg-Neuf • Avignon
Tél. : 04 90 85 17 90
Du 8 au 31 juillet sauf 17 et 18 juillet à 14 h 45 (1 h 45)
13 € et 9 €
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10 juillet 2004 6 10 /07 /juillet /2004 00:00

DE GRANDS ACTEURS

« Variations sur le canard » est un spectacle réservé aux fines gueules, à ceux qui dégustent lentement les mets, à ceux qui préfèrent le plaisir délicieux du sourire.

Un petit bijou discret se cache dans l’écrin satiné du Big Bang, rue Guillaume-Puy. Au numéro 18. L’orfèvre : David Mamet. Le sertisseur : Charles Lee, de longue date orpailleur obstiné du Festival d’Avignon.

Mais cherchez-vous vraiment les pierres précieuses ou préférez-vous le toc ?

La lecture « à blanc » – sans incarnation charnelle – de la pièce m’a inquiété : océan apparent de clichés, d’aphorismes à la petite semaine, de banalités échangées entre un Durand et un Dupont, un peu comme un Bouvard et un Pécuchet. Platitudes assénées par deux crétins comme des vérités premières. Bref, l’ennui, quoi…

Mais, si on n’a pas de pantoufles dans la tête, on s’aperçoit vite que le texte n’est que la crête de la vague, que la houle nous emmène vers le grand large, que le ressac inlassable offre à penser, que, au-delà de l’écume verbale, David Mamet fait des ricochets avec des cailloux gorgés d’humanité et de musicalité. À vous de les attraper au vol…

Ce qui est sûr, c’est qu’il faut un véhicule de luxe pour nous embarquer. Autrement dit : de grands acteurs. C’est le cas, ici.

Patrick Mons, distingué, droit dans son personnage, distille ses répliques comme autant de gourmandises.

Charles Tordjman, grand gourmet verbal devant l’Éternel, susurre sensuellement les aphorismes de Mamet avec une discrète voracité.


Variations sur le canard, de David Mamet
Cie La Patience-Charles Tordjman, maison des Associations
• 38000 Grenoble
Tél. : 01 43 58 56 21 – 06 81 62 14 50
Courriel : charles.lee@free.fr
Mise en scène : Charles Lee
Assistante : Nathalie Eudier
Avec Charles Tordjman et Patrick Mons
Musique : Jacques Coutureau
Création lumières : Pascal Noël
Big Bang Théâtre, 18, rue Guillaume-Puy • Avignon
Tél. : 04 90 271 271
Courriel : bigbang@le-bigbang.com
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9 juillet 2004 5 09 /07 /juillet /2004 00:00

 

VOUS NE SAVEZ PAS ENCORE

 

 

Un violon, une guitare, une clarinette, une contrebasse et une clarinette basse. Respectivement Stéphanie Joseph, Ignacio Lamas, Jean-Samuel Racine, Jocelyne Rudasigwa et Anne Gillot. Au Bourg-Neuf. À 22 h 30. Cinq artistes parmi tant d’autres dans ce Festival off 2004.

Bon, et alors ? Alors ?! On voit que vous ne savez pas encore…

Vous ne savez pas encore le bouleversement que Boulouris 5 va apporter dans votre vie. Vous ne savez pas encore les vagues d’émotion qui déferlent vers vous, la houle de beauté qui vous emporte, le flux d’humour qui vous secoue de rire, le ressac de mélodie qui lancine, les perles de tendresse qui pleuvent, le don qui vous cloue.



Et, bien sûr, souterrainement, un travail de titan, dont on ne respire aucune des fragrances aigres et musquées. Ne reste que la trace lumineuse de l’offrande et l’odeur capiteuse du talent.

Ces jeunes artistes – innocents qu’ils sont – ne se rendent même pas compte à quel point ils nous magnifient la vie, à quel point ils allègent le poids de nos souffrances, à quel point ils pansent nos blessures, à quel point ils cicatrisent nos plaies, à quel point ils emplissent nos cœurs vides, à quel point ils caressent nos âmes écorchées et les tapissent d’une étoffe moirée d’étoiles. Avec la force de leur douceur.

Merci Anne, merci Stéphanie, merci Jean-Samuel, merci Ignacio, merci Jocelyne. Grazie mille. Merci infiniment.

 


Tango nuevo
Cie Boulouris 5, 5 avenue des Alpes • 1006 Lausanne
Site : www.boulouris.ch
Courriel : contact@boulouris.ch
Tél. : 00 41 78 707 95 00 ou 00 41 78 754 17 42
Mise en scène et décors : Stefano Di Lauro
Musique : Astor Piazzolla et Boulouris 5
Lumières : Alain Boon
Costumes : Karine Dubois
Avec Anne Gillot (clarinette basse), Stéphanie Joseph (violon), Ignacio Lamas (guitare), Jean-Samuel Racine (clarinette) et Jocelyne Rudasigwa (contrebasse)
Théâtre du Bourg-Neuf, 5 bis, rue du Bourg-Neuf • Avignon
Tél. : 04 90 85 17 90
Du 8 au 31 juillet sauf 19 et 26 juillet à 22 h 30 (1 h 15)
13 € et 9 €
 
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15 juin 2004 2 15 /06 /juin /2004 00:00

 

CLAUDIA NOTTALE : UNE GÉNÉROSITÉ MAGNIFIQUE

 

 

« J’ai mis une jupe » est l’aboutissement d’une recherche sur le corps en mouvement entreprise depuis plus d’un an avec deux danseuses, Martha Rodezno et Rita Marcher. Moâ est un extraterrestre ou un ange, ou les deux peut-être…

 

Je me souviens… Je me souviens d’une apparition au milieu du public. Je me souviens d’un personnage de clown atypique (Moâ), étonné d’être là. Je me souviens encore mieux d’un corps en caoutchouc, stupéfiant, et stupéfait des sons et des mouvements qu’il produisait presque « inconsciemment », quasiment malgré lui. Je me souviens d’un corps qui n’obéissait pas à son cerveau. Je me souviens de la peur conséquente. De notre peur.



Je me souviens de nos rires, gênés au début, car tout ce qui se produisait sous nos yeux et sous nos oreilles était inattendu, troublant. Je me souviens de nos rires francs, plus tard, comme si Moâ nous avait forcés à lâcher prise. Peut-être était-il un ange ?…

Je me souviens de notre âme d’enfant, peu à peu réveillée, peu à peu ouverte à l’inconnu, à l’improbable. À la joie, aussi.

Je me souviens des sourires qui flottaient encore à la sortie du spectacle.

Je me souviens de la générosité magnifique de la comédienne, musclée par un travail de longue haleine qui n’apparaît jamais, qui se cache sous le talent.

Si Claudia Nottale et Moâ viennent près de chez vous, allez à leur rencontre : vous allez vivre une aventure hors du commun.

 


J’ai mis une jupe : conférence métaphysique de Moâ
Cie Claudia N. 14, rue Véron • 75018 Paris et 55, rue du Corps-de-Garde • 44100 Nantes
Portable : 06 08 90 73 89
Courriel : clnottale@yahoo.fr
Création et interprétation : Claudia Nottale
Collaboration artistique : Rita Marcher et Martha Rodezno
Théâtre des Trois-Pilats 18, place des Trois-Pilats • Avignon
Tél./Fax : 04 90 85 67 74
Courriel : lestroispilats@wanadoo.fr
 
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2 juin 2004 3 02 /06 /juin /2004 00:00

LE SOUFFLÉ NE RETOMBE JAMAIS

L’Avignonnais Yves Sauton change de genre pour notre plus grand plaisir. « Sept ans de neige » est une pièce à suspense qui déménage.

Yves Sauton, auteur-comédien-metteur en scène que je suis depuis longtemps, fait tout de suite très fort : un ravisseur amène sa victime sur le plateau dès la première seconde. Violemment. On est immédiatement impliqués dans l’action, tétanisés sur notre fauteuil, presque gênés d’être là.

Par la suite, l’auteur ne va rien faire pour dissiper notre malaise. Il emploie, pour ce faire, une construction particulièrement habile, une écriture précise, efficace et moderne, qui nous manipule de bout en bout. Le soufflé ne retombe jamais, et nous le dégustons bien chaud.



D’autant qu’il est servi par deux comédiens épatants (Olivier Cantaut et Gilles Duhaut), dont l’engagement personnel impressionne. Ils font, par ailleurs, évoluer leur(s) rôle(s) respectif(s) avec subtilité.

La mise en scène et les lumières d’Yves Sauton ont l’intelligence de se consacrer à l’essentiel : l’affrontement, révélateur de vérités insoupçonnables.

Bref, pas le chef d’œuvre du siècle, mais de la bonne et belle ouvrage. Ce n’est pas si courant que ça dans le pays…

Espérons que Sept ans de neige fasse plein d’autres adeptes pendant le Festival off d’Avignon, où la pièce est reprise cet été.


Sept ans de neige
Théâtre de la Mouvance • Avignon
Mise en scène et lumières d’Yves Sauton
Avec Olivier Cantaut et Gilles Duhaut
Ateliers d’Amphoux, 10-12, rue d’Amphoux • Avignon
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15 mai 2004 6 15 /05 /mai /2004 00:00

DES MOTS QUI VOUS AIMENT

« Si tu me payes un verre, je n’te demand’rai pas / Où tu vas, d’où tu viens, si tu sors de cabane / Si ta femme est jolie ou si tu n’en as pas / Si tu traînes tout seul avec un cœur en panne. »

Pascal Papini et Jean-Marc Michel nous offrent avec une gourmandise lucide le monde verbal et musical de Bernard Dimey dans Un jour, au fond des mers, je prendrai mes vacances.

Pour paraphraser Céline, « ça a commencé comme ça » : un plateau comme un plancher de bistrot à prolos, des tables, des chaises, des pichets de vin, de quoi se remplir un peu le cimetière à poulets… Manque la sciure par terre, peut-être.



L’univers de Bernard Dimey, dès les premières minutes, nous prend aux tripes, nous prend à l’âme. On sent tout de suite qu’on va être en bonne compagnie, que Pascal Papini (comédien) et Jean-Marc Michel (piano, accordéon) tutoient le poète depuis longtemps, depuis toujours, ce Dimey qui va nous raconter la vie en suant des mots magnifiques. Des mots de poivrot humaniste, des mots de mec qui en a bavé, des mots rugueux, des mots râpeux, des mots qui crissent, qui éraillent, qui grattent, qui réveillent.

Mais des mots aussi qui caressent, qui consolent, qui rassurent, qui vous prennent dans leurs bras. Des mots qui vous aiment. Pascal Papini et Jean-Marc Michel l’ont parfaitement compris et nous offrent un « pestacle » délicieux et revigorant, même s’il nous laisse quelques bleus à l’âme. Un « pestacle » – osons un gros mot ! – intelligent !


Un jour, au fond des mers, je prendrai mes vacances
Mise en scène : Pascal Papini
Texte : Bernard Dimey
Avec : Pascal Papini et Jean-Marc Michel (piano et accordéon)
Cie des Trois-Pilats 18, place des Trois-Pilats • Avignon
Tél./télécopie : 04 90 85 67 74
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Chronique Fraîche