Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 13:48
NON PAS UN CLOWN TRISTE, MAIS DÉPITÉ

Marre qu’elle en a, Mme Barbiturix, clown professionnel, de faire des pitreries ! Ce n’est pas qu’elle vire vers le cliché postromantique du bouffon triste, mais elle a des ambitions théâtrales bien plus hautes : elle aspire à jouer la tragédie en alexandrins.


Après un prologue qui insiste sur l’aspect ringard de sa prestation, notre clownesse envoie tout promener. Elle part en quête d’amour. Elle aspire à être aimée de son public pour ce qu’elle est et non par l’intermédiaire de son personnage grotesque englué au milieu de gags éculés. Elle apostrophe la salle, tente de lui montrer qu’il serait préférable de goûter la « Bérénice » de Racine plutôt que de se délecter de « L’Île de la tentation ». Elle extrait de sa place un partenaire de fortune pour démontrer la beauté de l’alexandrin.

Contre-naissance-d-un-clown.jpg
Elle explique qu’il faut développer sa curiosité, que si on s’ennuie c’est parce qu’on le veut bien. Qu’être soi est capital. Que « c’est l’intention qui conte ». Autrement dit que ce qui fait sens, au théâtre autant que dans la vie, c’est ce qu’on tente de transmettre. Le personnage passe de pitoyable à ridicule pour finir par une éloquente finale de mise à nu.

Il y a du Yolande Moreau chez le bouffon qu’incarne Geneviève Voisin, telle qu’elle apparaît notamment lors la reprise d’un sketch de ses débuts dans le film « Quand la mer monte ». C’est dire qu’elle irrite, réjouit, agace, trouble, émeut. Quelques moments sont inégaux, tâtonnent en vue de trouver une totale cohérence pour une créature fragile qui louvoie entre dévoilement brut et pudeur délicate, corrosive désespérance et confiante aspiration. L’ensemble s’avère néanmoins riche parce que présentant plusieurs facettes d’une même quête. Et que cette quête d’authenticité n’est autre que celle de chacun dès qu’il se rend compte du rôle que lui impose la société.

Michel VOITURIER
www.ruedutheatre.info

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy les 20 et 21 août 2007

Texte : Geneviève Voisin 
Mise en scène : Serge Maréchal et Olivier Benaddi
Interprétation  Geneviève Voisin
Costumes : Bernadette Roderbourg 
Éclairages : Nicolas Gasnier 

Production : Ah Mon Amour (Verviers) ( www.cie-ahmonamour.com  )

Durée : 50’
Public : dès 14 ans

Partager cet article

Repost0
23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 13:07
SUR LE FIL DE L’IMAGINAIRE

Les enfants aiment s’inventer des histoires, les incarner. Les enfants n’aiment pas que les adultes viennent les empêcher de vivre ces rêves. Mais comment réagir lorsqu’un adulte qui n’en est pas vraiment un débarque dans le rêve ?

Dominique, une fille, s’est construit un château en agençant de vieilles échelles, des escabeaux, des planches dans une pièce débarras de sa maison. Elle aspire à ce que ses parents lui offrent un costume de chevalier pour parader lors de l’anniversaire d’un copain. En attendant, elle s’entraîne à guetter l’ennemi, à ramper entre les meurtrières, à sillonner le chemin de ronde, à mitrailler tout ce qui bouge et ressemble à un ennemi. Un jour qu’elle vient d’essuyer un ultime refus parental et qu’elle exècre ses géniteurs, elle tombe sur une sorte de clochard venu chercher refuge. Il se prétend mage perdu loin des siens et privé de l’exercice de ses pouvoirs.

Bon-d--barras----Ph.-Jolet.jpg
L’histoire est celle de l’apprivoisement de deux êtres que tout sépare. Qui chercheront à se mieux connaître après avoir été effrayés l’un par l’autre. Qui dévoileront peu à peu leurs secrets. Qui trouveront des accointances et échangeront des points de vue, des idées. Méfiance et rejet feront petit à petit place à estime et amitié.

Philippe Léonard a retrouvé là un rôle où il se sent à l’aise. Il donne à son personnage une densité humaine pleine de failles, de doutes et d’attendrissement. Lise Dineur insuffle une autorité et une brusquerie plutôt forte à son garçon manqué de gamine. Le duo fonctionne comme il se doit au théâtre à travers une succession de tensions et de relâchements.

L’enfant apprend à faire l’expérience d’être soi, de séparer le rêve de la contrainte du concret.
Elle perçoit combien un enfant a besoin de ses parents et à quel point on manque aux siens lorsqu’on est séparé. Elle accepte ensuite cet inéluctable de l’existence qu’est le départ de ceux que l’on aime. Fussent-ils sortis de leur imagination. Car finalement, Clément, clodo et sorcier, est-il un être de chair et de sang ou une créature fantasmatique, de celles qui amènent à grandir ?  

Michel VOITURIER
www.ruedutheatre.info

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 19 août 2007

Texte : Philippe Léonard 
Mise en bouche : Valérie Joyeux, Kim Leleux, Lise Dineur
Mise en scène : Valérie Joyeux 
Distribution : Lise Dineur, Philippe Léonard 
Scénographie : Emilie Cottam 
Décors : Guy Carbonnelle 
Décor sonore : Vincent Raoult 
Eclairages : Luc Jouniaux
Mouvement : Dominique Duszynski

Production ; Foule Théâtre (Bruxelles)

Durée : 55’
Public : 6-12 ans

Photo © Ph. Jolet

Partager cet article

Repost0
23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 09:34
ROBOTIQUE, RHÉTORIQUE ET CHORÉGRAPHIE

Matteo Moles s’intéresse à la robotique. Il présente cela à travers une conférence et une performance chorégraphique, accompagné d’un chien télécommandé. Sans originalité.


Sujet passionnant s’il en est, l’avènement des robots dans notre vie quotidienne ! Voilà qui suscite bien des interrogations, des espérances, des inquiétudes. Celles évoquées depuis belle lurette par les auteurs de science-fiction, mises en images dans films et BD. Celles qu’évoque l’auteur en un style de conférencier classique, en compagnie d’un partenaire qui a des apparences canines mais n’est que le produit des recherches menées par l’homme pour imiter au plus près les êtres vivants.

Switch-one.jpg
En parallèle défilent les images d’une vidéo. Elles assènent des fragments urbains et surtout des gens voyageant dans les transports en commun. Environnement et personnes témoignent à la fois de la profusion des messages visuels et de l’asthénie, de l’emmurement en soi-même de citoyens au comportement quasi mécanique, automatique.

Par moments, Matteo Moles retrouve sa fonction de danseur. En solo ou en duo avec son cabot électronique, il développe une gestuelle dont on se dit rapidement qu’elle est si complexe qu’un robot jamais n’y parviendra avec cette souplesse, cette fluidité, cette variété de mouvements et surtout de sentiments dont ils sont porteurs.

Gadget

Quoi qu’il en soit, ces trois éléments ne parviennent pas à constituer une véritable homogénéité. Ils ont l’air plaqués les uns à côté des autres sans parvenir à l’unité. La conférence donne de précieux renseignements sans devenir spectacle. La vidéo reste une création en soi telles qu’on en voit dans les galeries et musées branchés sans apport esthétique vraiment spécifique. La chorégraphie s’apparente à une de ces innombrables performances qui émaillent désormais nombre de manifestations d’art contemporain.

Par comparaison avec « Gadget study », réalisation précédente de Moles qui prenait le contrepied des contes de fées et de la danse en tutu avec un humour décapant, et qui confrontait les lieux communs de l’imaginaire collectif à la réalité cruelle de la vie, ce travail-ci laisse le spectateur sur sa faim.

Michel VOITURIER
www.rueduthéatre.info

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 21 août 2007

Texte, concept et chorégraphie : Matteo Moles et  Daniela Ginevro 
Interprétation : Matteo Moles
Images vidéo : Federico Baronello 
Musiques : Scanner, Matthews, Sutekh, Haendel, Misora 
Mixage, vidéo et son : Matteo Moles 
Lumières : Raphaël Michiels

Production : Cie Matteo Moles/Centre culturel de Braine-l’Alleud/Scenario Pub.bli.co Performing Arts

Durée : 55’
Public : 13-16 ans


Partager cet article

Repost0
21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 11:20
UNE PARTIE DE PELOTES

Un décor bleu et rouge. Des fils, des pelotes. Des instruments de musique étranges. Une bambine et un bambin qui jouent avec tout, avec rien. L’univers est celui des tout petits, ceux qui ont encore tout à découvrir, qui s’émerveillent ou s’effraient de la moindre chose.


Les objets sont à toucher. Ils sont aussi à écouter. Les mots sont à dire. Ils sont aussi à entendre et à savourer de l’oreille autant que du palais. Les enfants explorent. Ils expérimentent. Ils sont partagés entre leur curiosité et leur crainte de l’inconnu. Tout est doux. Tendre. Presque attendrissant.

Bilie-01-Cr--a.jpg
Les adultes ont l’impression d’observer leurs rejetons lorsqu’ils sont en train de jouer seuls. Ils parlent pour eux-mêmes, inventant des personnages et des situations qui naissent de leur discours même. Ils arpentent l’espace de leur chambre ou de leur salle de jeu en métamorphosant les choses, les personnifiant, les dotant d’une vie extérieure capable de devenir compagne des histoires qu’ils se tissent.

Les chérubins retrouveront probablement ce qu’ils sont. Ils se reverront par leurs propres yeux à travers les comédiens, les choses, tels qu’ils auraient pu être filmés mais sans qu’ils sentent l’intrusion des aînés. Ils seront en confiance pour être ailleurs comme ils devraient être chez eux. En totale simplicité.

La réussite aurait été davantage pleine si l’enchaînement des séquences était réellement joué au lieu d’être juxtaposé. Si le parti tiré des structures sonores des frères Baschet tenait davantage compte des possibilités musicales multiples et étranges de ces instruments qui semblent surtout cantonnés à n’être que des éléments du décor au lieu d’en être des acteurs. Tel quel, le spectacle constitue déjà une bulle sereine de spectacle vivant parmi la prolifération des productions tonitruantes, glapissantes, échevelées, cavalcadantes de l’industrie du dessin animé et du DVD stéréotypés.

Michel VOITURIER

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 20 août 2007

Conception et mise en scène : Françoise Flabat 
Distribution : Céline Cambier, Olivier Haesevelde
Marionnettes : Christine Corman 
Scénographie : Françoise Flabat, Christine Corman 
Éclairages : Olivier Haesevelde 
Décor sonore : Olivier Haesevelde sur instruments Baschet 

Production : Créa Théâtre (Tournai)
Durée : 45’
Public : de 2 à 5 ans

Photo © Richard Strapazzon


Partager cet article

Repost0
21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 11:16
COMMENT S’EST DIVISÉ LE MONDE

Des conteurs africains se passent la parole pour nous narrer l’histoire des débuts du monde. En trio de parleurs, danseurs, musiciens, chanteurs, ils dynamisent le verbe et le geste avec un humour qui déclenche la complicité d’un public accueilli comme une bande d’amis venus partager une veillée en toute convivialité.

Ce conte-ci démontre de quelle manière les créatures sont devenues soit carnassières, soit végétariennes et pourquoi les animaux ne parlent plus. L’histoire est prétexte à s’amuser avec la salle en semant çà et là des allusions au pays d’accueil, la Belgique (mais c’aurait tout aussi pu être la France),  dont les coutumes sont différentes de celles de l’Afrique. Il est vrai que, dans ce spectacle, tout relève du domaine de la joie. Ce qui se traduit aussi par le comportement des interprètes : bondissants, hilares, volubiles, agiles, primesautiers.

planete-culture-09.jpg
Nombre de thèmes transparaissent. Celui des langues et de leur diversité. Celui du travail, fondamental pour la production de biens indispensables à la survie. Celui des loisirs et de la créativité, primordial à l’équilibre et au développement personnel. Celui de l’échange culturel menant à une meilleure connaissance de l’autre. Et encore celui de la solidarité (à travers, par exemple, l’action des fourmis fabriquant une carapace aux tortues afin de les protéger des prédateurs), celui de la liberté de vivre en communautés différentes sans esprit de revendications.

Musiques et chants ponctuent la narration. Les répliques fusent, ricochent. Le ton bon enfant fait passer les messages. Manifestement le plaisir est autant sur scène que dans la salle. Manifestement cela ne correspond pas de manière superficielle à la vague actuelle qui se nourrit de discours à propos d’écologie. C’est une communication directe. C’est un chaleureux échange dont on sort sourire aux lèvres, avec l’envie de contact festif et ludique avec ses voisins.
Michel VOITURIER
 
Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public à Huy le 20 août 2007

Texte : Apollinaire Djouomou
Mise en scène : Gauvain Duffy
Distribution : Apollinaire Djouomou, Ansou Diedhiou, Brahima Coulibaly
Scénographie : Joëlle Antoine
Musique et chorégraphie : Brahima Coulibaly

Production : Planète Cultures (Bruxelles) ( www.planetecultures.be )

Durée : 45’
Public : de 8 à 12 ans

Photo © Valérie Burton

Partager cet article

Repost0
21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 11:09
DEVENIR SOI MALGRÉ TOUT

Lorsque Souffian El Boubsi entame son seul-en-scène, on se dit qu’il va nous parler de lui et de son enfance d’immigré. Comme Sam Touzani dans « Liberté, égalité, sexualité » ou comme Mohamed Barri dans « Lost cactus » dont les propos sont enracinés dans l’autobiographique. Contrairement aux apparences, le propos est tout autre.


Bien sûr, cela commence par le côté révolté de l’ado qui se voit maltraité et méprisé par un père autoritaire, rigoriste, violent, injuste ; écrasé par un frère préféré et considéré comme plus intelligent que lui. Bien sûr, cela se traduit par un comportement agressif, provocateur, intransigeant qui marque un repli sur soi et une sorte de haine latente d’autrui. Et, lorsque le monologue semble tracer un portrait acide de ceux qui apparaissent comme des représentants de l’intégrisme obtus, on se réjouit de l’audace du jeune comédien auteur.

monde-presque-parfait--c--Sara-Tant.JPG
Il n’est bien entendu pas commode pour un musulman de culture de prendre de front un obscurantisme dont les manipulations ont créé des extrémistes aveugles. Alors, Soufian prend le biais du conte initiatique traditionnel pour embarquer son public de jeunes vers les fantasmes de liberté, de réussite sociale et d’amour partagé qui animent chacun, tout en laissant en arrière-plan la présence malsaine des instigateurs terroristes.

Retour sur soi

Il déploie une verve intarissable. Il se livre à une véritable performance orale et corporelle qui tient davantage d’un marathon oral que d’une conférence didactique. Le recours au légendaire illustre sa démonstration qu’avant de parvenir à se connaître soi-même, à s’assumer et à être capable d’aller vers les autres, de les accepter afin qu’ils vous acceptent à leur tour, il faut dépasser la forfanterie de celui qui prétend ne jamais connaître la peur.

Sans doute le langage de l’interprète s’embarrasse-t-il un peu trop de redondances systématiques dans le domaine de ce que les linguistes appellent le phatique, constitué par des tics de langue ou des rappels incessants à l’écoute. Mais le ton direct convainc. Les ados auxquels s’adresse en priorité ce spectacle se retrouveront dans le phrasé, le timbre de voix, le déplacement des accents toniques, le vocabulaire. Ils trouveront peut-être aussi l’envie d’un retour sur soi en vue de dépasser les blocages superficiels mais tenaces, entretenus sciemment par la société, pour séparer les générations et les classes.

Michel VOITURIER

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 20 août 2007

Texte et interprétation : Soufian El Boubsi 
Mise en scène : Hamadi

Production : Théâtre du Public (Écaussinnes)

Durée : 1h10
Public : 14-16 ans

Photo © Sara Tant

Partager cet article

Repost0
20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 19:20
AMENER L’AMOUR À RÉGNER

Dans un immeuble de trois étages vivent des habitants très différents d’âge et de caractères. Ils cohabitent, se croisent. Certains s’aiment, d’autres s’ignorent. Certains disent leur amour, beaucoup ne parviennent pas à l’exprimer. Un magicien les amènera à avouer qu’ils ne sont ni indifférents ni hostiles.


Ce qui frappe dans ce spectacle, c’est son foisonnement. Les personnages sont nombreux (humains jeunes ou âgés, animaux et même bonshommes de neige). Les lieux aussi puisque nous pénétrerons dans chaque chambre et irons à l’extérieur de la maison. Les séquences se succèdent permettant, comme au cinéma, de passer d’un plan général à des gros plans. De petits personnages, on passe à des moyens et, quelquefois, à leur double grandeur nature joué par des comédiens. Le dispositif pivotant donne de la souplesse aux changements en fondu enchaîné sans perte de rythme.


Il y a quelque chose d’hybride dans cette réalisation un peu à l’image de la musique d’Eloi Baudimont qui la soutient. On y entend des réminiscences de la nostalgie d’un d’Alessia, du guilleret de Rota, un soupçon de muzak doucereux, une allusion au pop rock, des dramatisations de bandes son cinématographiques. Tant de détails s’accumulent qu’il est parfois difficile pour des adultes de retrouver un fil conducteur entre les saynètes. Mais les enfants, paraît-il, s’y retrouvent car ils se focalisent sur une scène à la fois.

L’attention est concentrée sur les actions. En effet, le langage parlé par les protagonistes est totalement inventé par Carl Norac, comme Burgess l’avait fait pour le grand écran avec les dialogues de « La Guerre du feu ». Il se passe toujours quelque chose qui relance l’intérêt tant la variété des images proposées est grande.

Et s’il est peut-être dommage de se dire qu’il faut absolument l’intervention extérieure d’un prestidigitateur afin de se rendre compte qu’il est indispensable de s’aimer, le principal est qu’il s’avère qu’extérioriser ses sentiments positifs est sans nul doute plus important que tout le reste.

Michel VOITURIER

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 18 août 2007

Texte  : Carl Norac 
Dramaturgie et mise en scène : Yves Coumans 
Interprétation : Giulia Palermo, Céline Taubennest, Thomas Coumans
Scénographie : Aline Claus, Bruno Renson, Yves Coumans 
Marionnettes : Yves Coumans, Giulia Palermo
Musique : Eloi Baudimont 
Machinerie : Bruno Renson
Costumes : Catherine Van Assche, Myriam Claessens   
Éclairages : Julie Bekkari


Production : Théâtre des Zygomars (Namur)

Durée : 55’
Public : dès 3 ans


Partager cet article

Repost0
20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 18:44
SEUL POUR TOUS

Sur fond de luttes sociales, une légende raconte de quelle manière les hommes ont utilisé le charbon à la place du bois lors de la naissance de l’industrie. Sa version moderne s’inscrit dans le courant de réflexion écologique.

Un mendiant sénile vend des briquets. Un badaud le paie sans acheter mais lui rappelle qu’ils se sont connus lorsque le vieux était contremaître à la fonderie où le plus jeune travaillait. À l’époque le chef était intransigeant, impitoyable, tyrannique, méprisant. L’autre était remuant, revendicatif, syndicaliste avant la lettre, d’où son surnom de « barbouti », mot patois signifiant « chardon ».

Le-Barbouti.jpg
L’exploitation abusive des forêts avait alors entraîné une pénurie de bois. Pour sauver l’emploi, il fallait dénicher un autre combustible. Aux ouvriers d’inventer une solution nouvelle, sous peine de se retrouver sans emploi, massacrés par la gendarmerie sous prétexte d’apposition aux patrons. D’où le recours au charbon. Pour y parvenir, selon le code des contes d’autrefois, il faudra que le héros, après négociation avec une sorcière, passe par l’épreuve de l’affrontement face à la bête Pharamine, celle qui garde le feu.

Une réalisation exemplaire

Les trouvailles de mise en scène aboutissent à une véritable démarche dramatique. Le dispositif scénique, qu’entourent les spectateurs dans une pénombre propice au mystère ; les signes donnés remplacent les coûteuses machineries, les décors faussement réalistes ; une table se métamorphose en plateau, en antre caverneux ; grâce à sa mobilité, une lampe suspendue crée, la présence du monstre sans avoir besoin de le montrer ; des cailloux concrétisent la montagne, leur raclement rend perceptible les mouvements de la terre autant que les grognements de la créature fabuleuse. Les dialogues sont percutants, directs. Les trois comédiens jouent juste, sans effet superflu, usant de leur corps avec une maîtrise expressive.

L’œuvre suscite des prolongements abondants. Elle touche à l’histoire et à l’évolution de l’exploitation abusive de la planète, symbolisée par le passage du briquet à l’ancienne du prologue au briquet à gaz actuel à la fin. Elle fait allusion aux conflits sociaux qui ont émaillé les relations entre les maîtres de l’économique, la force de travail des exploités et les forces de l’ordre utilisées par le pouvoir politique. Elle plonge dans les racines des vieux mythes de la culture populaire.

Michel VOITURIER


Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy les 18 et 19 août 2007.

Texte : Eric Durnez d’après le conte traditionnel « La gardienne du feu » (éd. La Farandole, 1975)
Mise en scène : Thierry Lefèvre et Rebecca Leroux
Distribution : Jérôme Nayer, Juan Martinez, Delphine Veggiotti

Production : Une Cie (Genappe)/Théâtre royal de Namur/Fabrique de Théâtre de Frameries

Durée : 60’
Public : dès 11 ans

Partager cet article

Repost0
20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 17:49
UN CLASSIQUE POUR DES SCOLAIRES

Chacun est sensé connaître l’histoire de ce jeune garçon qui essuie tous les malheurs, alors que la philosophie qu’on lui a inculquée consiste à croire que tout est toujours au mieux dans le meilleur des mondes. Le conte de Voltaire a conservé son actualité. Nous en sommes encore aujourd’hui à nous interroger pourquoi l’homme est-il demeuré si violent, intransigeant, égoïste, accapareur.


La troupe a pris le parti d’adapter l’auteur en jouant l’histoire sur deux niveaux. Le premier est celui de la commedia dell’arte avec ses masques, son travail corporel et vocal caricatural. Le second est celui de l’illustration par photos sur écran. Les lieux défilent donc sans nécessité de construire des décors. Les personnages présents ou évoqués s’affichent, extraits de la réalité. Des clichés d’actualité, passée ou récente, tissent un lien avec des faits connus.

Voici un excellent travail de vulgarisation. D’une part, les procédés de la comédie italienne sont étalés et utilisés avec virtuosité et dynamisme. D’autre part, le choix des diapositives crée des ruptures, imposant des visions parfois inattendues ou anachroniques, ironiques ou caustiques, interrogatives ou parodiques. Le rapport est de la sorte permanent entre fiction et vie.

Le scénario de Voltaire est basé sur la répétitivité des situations. Chaque nouvel épisode amène Candide et ses compagnons face à un drame, une tragédie, un massacre, une persécution, une injustice…  Il n’est par conséquent pas évident d’éviter la monotonie du systématique d’une structure narrative qui deviendra celle du mélodrame et que l’humour du texte sauve de l’ennui. La Cie Arcinolether n’évite pas tout à fait le piège, malgré la fécondité d’une partition scénique à géométrie variable. Reste que cette représentation est une bonne introduction à la philosophie, à la littérature et au théâtre du siècle des lumières, à la verve des humoristes contestataires.

Michel VOITURIER

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy les 18 et 19 août 2007.

Texte : Voltaire
Mise en scène : Christophe Cotteret
Distribution : Maria Harfouche-Gentil, François Kah, Olivier Rosman, Léa Rogliano  
Costumes : Eugénie Poste 
Masques : François Kah 
Décor sonore : Julien Cotteret

Durée : 70’
Public : de 13 à 16 ans

Production : Compagnie Arcinolether (Ixelles)


Partager cet article

Repost0
19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 17:05
NOUS SOMMES TOUS LES ÉTRANGERS DE QUELQU’UN

Fable fraternelle, cette histoire simple raconte simplement de quelle manière rendre simple la relation compliquée entre les êtres.  Elle suggère également que lorsqu’on débarque en territoire étranger, il faut apprendre à apprivoiser les habitants et les coutumes, à comprendre la culture de l’autre.


Une cicogne en migration vers le sud est blessée par la balle d’un chasseur. Elle tombe dans un lieu inconnu et y installe un nid provisoire. Peu de temps après, un coucou, électrocuté par une ligne à haute tension débarque au même endroit. Il parle une langue slave inconnue de l’échassier francophone. Il est, comme n’importe quel coucou, manipulateur et envahisseur. Pas facile de communiquer, de cohabiter dans de telles conditions. D’autant que la première arrivée est intransigeante : pas question d’empiéter le moins du monde sur « ses » terres.

La-cigogne-et-le-coucou.jpg
Le début de l’histoire, situé dans le lieu clos d’une forêt où est disposé le public enfant, a des allures de farce réjouissante. L’opposition des caractères, la tension qui les confronte, les différences culturelles qui les constituent, sont drôles, accessibles aux petits par leur aspect burlesque, aux adultes par des jeux de mots ou des allusions amusées.

Le tout est émaillé de trouvailles multiples. Des objets miniatures permettent de raconter des historiettes rigolotes et tendres à propos du passé de chacun. Des animaux marionnettes illustrent des situations, concrétisent des rêves. Cela et des ombres chinoises au climat fragile et poétique, vers la fin, mène le scénario du côté d’une grande délicatesse émotive. Les sentiments d’hostilité se sont mués en solidarité puis en amour.

Martine Godard et Thierry Hellin incarnent des animaux marrants. Ils les interprètent à la façon de la commedia dell’arte. Ils y ajoutent beaucoup d’humanité. Et, aspect non négligeable, ils incitent leur public à une analyse très concrète du phénomène de l’incarnation de l’imaginaire par le théâtre, de l’écart qui sépare le réel de la fiction.

Michel VOITURIER

Texte : Création collective
Mise en scène : Agnès Limbos et Pierre Lafleur
Distribution : Martine Godard, Thierry Hellin
Lumière : Joël Bosmans, Bruno Guns
Costumes : Emilie Cottam
Décor : Robert Delcour

Production : Arts & Couleurs ( www.artsetcouleurs.be )
Public : de 4 à 8 ans
Durée : 50’

Photo © Erik Ducheils

Partager cet article

Repost0

Chronique Fraîche