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Festival d'Avignon

16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 12:27
L’ENFER EXISTENTIALISTE

Ce classique du 20e siècle est connu. Il donne une vision de ce que Sartre imagine être l’enfer : le fardeau du poids des autres sur la conscience de chacun, sur son comportement ; le tourment engendré par le regard d’autrui porté sur sa vie.

Le fondamental de la philosophie sartrienne est que l’individu n’existe que par ses actes. Que ses choix s’effectuent selon la lucidité personnelle du moment où il les pose, hors la contrainte de toute morale établie, et qu’il doit, par conséquent, les assumer quelles qu’en soient les conséquences.

huis-clos.jpg
Pour étayer sa démonstration, Jean-Paul Sartre confine, dans une même chambre d’hôtel dépourvue de fenêtres et dont la porte est verrouillée, trois personnes étrangères les unes aux autres, censées passer ensemble l’éternité qui suit leur mort. Jérôme le journaliste est un macho déserteur qui prend prétexte de son pacifisme pour justifier sa lâcheté et les humiliations qu’il fit subir à son épouse. Inès l’employée des postes est une lesbienne qui a poussé sa compagne à ouvrir le gaz par désespoir amoureux. Estelle la mondaine est une infanticide qui a noyé son bébé adultérin et incité son amant à se tirer une balle en pleine tête. Aucun des trois protagonistes n’arrive à supporter ses co-détenus. Lorsqu’ils tentent de remettre de l’ordre dans leur passé, il y a toujours quelqu’un qui intervient de manière intempestive. Lorsque deux s’allient, c’est forcément contre le troisième. D’où la célèbre réplique aux interprétations multiples : « L’enfer, c’est les autres ».

Hormis le remplacement du rôle du garçon d’étage par une voix off, la mise en scène, assez traditionnelle, de Bernard Lefrancq n’apporte pas vraiment d’éclairage nouveau sur cette pièce en un acte archi-célèbre. Elle donne l’occasion à celle-ci d’être écoutée par qui n’aurait pas vu cet affrontement écrit avec un soin machiavélique et qui, par rapport à d’autres œuvres de l’auteur, n’a pas vieilli. Le texte, valorisé par trois jeunes comédiens avec la fougue inhérente à leur âge, y retrouve son côté acerbe et incisif.

Michel VOITURIER
www;ruedutheatre.info

Huis clos Texte : Jean-Paul Sartre (éd. Gallimard)
Mise en scène : Bernard Lefrancq
Distribution : Marc Gooris, Elisabeth Wautier, Frédérique Panadero
Production : La Clarencière / Théâtre d’une Pièce

Au Verbe fou, 95 rue des Infirmières à 14h jusqu’au 28 juillet. (0490 85 29 90)

Photo © La Clarencière
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