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Festival d'Avignon

1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 07:52
PARLEZ-MOI D'INTIME

Jean Cagnard et Emmanuel Darley, deux auteurs dramatiques, ont travaillé sur « l’Intime et le quotidien », d’où sont issues deux créations théâtrales que sont respectivement « La Chambre à air » et « Le Mardi à Monoprix ». Ces deux créations sont nées d’une commande d’écriture passée par le théâtre d’O afin de redonner la première place aux auteurs dans le processus de création théâtrale. Une démarche visant à écrire et monter un inédit d’auteur pour un solo d’acteur qui incite à une double lecture.

Photo © DR

La Chambre à air

Dans la première pièce, courte, Jean Cagnard a travaillé sur le quotidien, cet éternel recommencement qui fait de notre vie un cycle infernal et répétitif. Ce solo, très justement interprété par Catherine Vasseur, s’intitule La Chambre à air, fameux boyau en caoutchouc rempli d’air muni d’une valve permettant de gonfler et de dégonfler. De la même façon, l’air entre dans notre corps pour lui donner vie et c’est ainsi de la naissance jusqu’à la mort. Et l’asphyxie qui figure la mort de chacun de nous, c’est justement cette incessante histoire qui se répète pour l’homme. A cela, s’ajoute le soleil, « ce cycle imperturbable des planètes qui rend assez clairvoyant sur le sujet dès la naissance ».

La pièce est délimitée par les fluides (eau, gaz, électricité) ce qui induit un décor construit de tuyaux de cuivres, robinets, douches, cintres ou cocottes minutes… Puis, il y a une porte rouge, un muret à demi-construit qui laisse voir le haut du corps contrairement aux toilettes publiques qui ne laissent régulièrement entrevoir que les pieds. Sur les toilettes, un visage, lequel ressemble à celui de la Joconde, est collé à la façon des 10 Marlyn d’Andy Warhol, fond vert fluo et rouge à lèvre au point. Un rien de provocation qui surgira tout au long du monologue et dans le jeu de la comédienne avec humour. Il faut dire que nous répétons tous un mot ou un geste qui est l’arme du crime, la main invisible qui nous tuera. Ainsi, la mort de Janis Joplin est liée à la répétition du mot "casserole", terme foudroyant quant on le répète 77 fois. C’est pourquoi, il faut chaque jour réinventer notre vie et fuir ce mot ou ce geste fatal, pour ne pas le reproduire une fois de trop. Car le thème qui apparaît entre les lignes et bien celui de la reproduction. Reproduire renvoit à la filiation et qui dit filiation dit naissance.

Le Mardi à Monoprix

Naître et mourir, voilà un thème qui appartient aux deux créations. Dans « Le Mardi à Monoprix », pièce plus longue que la précédente, le rythme est plus lent, sur le ton de la confidence et l’intime s’y trouve au premier plan. Cette fois, l’intime est illustré par la différence et son rapport au monde au quotidien.

Une femme grande et blonde qui aime qu’on l’appelle Marie-Pierre, mais qui se prénomme en réalité Jean-Pierre, raconte les moments passés avec son père le mardi. Le décor est planté ça et là, fait de carreaux, d’une chaise et d’un jeu de miroirs qui renvoient l’image de Marie-Pierre filmée sur un écran blanc placé à gauche de la scène. Dès le début, le visage de Marie-Pierre dans l’ombre sur scène apparaît à l’écran déjà marqué par le temps, maquillé de bleu et affublé d’une perruque blonde. Elle est tantôt assise sur une chaise, tantôt le dos tourné au public, debout le regard planté dans le miroir. Les vues se succèdent du gros plan au profil, au demi-profil, au trois quart face, puis en plongée. Elles sont multiples.

Des images figées font directement appel à la série noire et donnent au récit tout son caractère intimiste. C’est presque un récit biographique, l’histoire d’un lien. Puis, la caméra fait tout doucement glisser le récit vers le sordide. Et à l’état de travesti, succède l’aveu de la prostitution. Un cas glauque. Le père apprendra la suite dans les journaux. Finalement le polar prend corps à travers les plans auxquels s’ajoute un récit dont la fin est empruntée au fait divers. Un fait divers récent, qui dans la mémoire des Montpelliérains, résonne encore : l’assassinat du travesti de Plan cabane, un quartier de la ville. Outre ce souvenir pour certains, la pièce fait vibrer le public avec l’image et la voix de Jean Marc Bourg pour tout transport émotionnel.

Christelle ZAMORA (Montpellier)

Au Commencement était le verbe, La Chambre à air, Conférence astronomique de cuisine interne par la voie révolutionnaire
Texte et mise en scène Jean Cagnard
Avec : Catherine Vasseur
Lumières : Nanouk Marty
Production : Compagnie 1057 roses
Co-production : Théâtre d’O-Conseil général Hérault
Mercredi 24, Jeudi 25, Vendredi 26, Samedi 27 janvier 19h00

Le Mardi à Monoprix
D’Emmanuel Darley, jeu et mise en scène Jean-Marc Bourg
Collaboration artistique : Fabienne Bargelli
Scénographie : Julien Bureau
Lumières : Christophe Forey
Son : Pascal Arnold
Costumes : Valérie Lhote
Production : Compagnie Labyrinthes Coproduction : Théâtre d’O-Conseil général Hérault
Mercredi 24, Jeudi 25, Vendredi 26, Samedi 27 janvier 20h30
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