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Festival d'Avignon

22 juillet 2003 2 22 /07 /juillet /2003 15:08
SEXE, MENSONGES ET IDÉAUX

Pinter aime les histoires d’amants. Mais il ne donne jamais dans l’outrance et le formalisme boulevardiers. Jamais dans le prévisible, non plus. D’ailleurs, la pièce se joue entièrement à rebours. La première scène est celle de retrouvailles entre les deux anciens amants et la dernière celle d’un mariage. Entre les deux, des saynètes de la vie du trio (deux hommes, une femme). Et le mensonge roi s’invite à tout bout de champ : la femme adultère abuse son amant en révélant au mari l’illégitime relation, lequel mari, ami intime de l’amant, trompe lui-même sa femme.

Rien de vaudevillesque malgré les apparences dans l’univers tragique d’un Pinter, dont la plume toujours surprenante et légère, jamais fielleuse, jamais ne cédant à la facilité ou à la moralisation, montre les individus dans leur indéchiffrable complexité et leur piteuse humanité, entre idéaux et fatalisme, entre rigueur (im)morale et cynisme, entre implication et détachement. Ici, nos repères, comme l’amour et la vérité, sont déchiquetés, quand on se rend compte que le mari prend à la légère toute l’affaire, que l’amant vit dans les tourments et que la femme manie tout à la fois la froideur et la compassion. Pas de comique dans ces situations, juste l’évocation sans lyrisme que l’amour est un mensonge ; un mensonge, qui rime avec blessures, inconstance et fatalisme et qu’on se prend toujours dans la gueule un jour ou l’autre.

Notre élégant trio de comédiens restitue avec justesse cette mécanique routine de la perfidie, cette quête éperdue d’amours impossibles qu’on ne s’autorise pas à aboutir, et cette déroute sociologiquement programmée des couples.
Certes, le jeu est lissé, tendant trop à la perfection technique, appuyé en cela par une mise en scène épurée, et à cause de ces qualités, le cortège des émotions éprouve parfois du mal à se frayer un chemin. Mais jouer une pièce à l’envers requiert une grande maîtrise des nuances pour rendre crédibles les interprétations. Et de ce point de vue là, les comédiens, parvenant à cerner subtilement les équilibres fragiles de leurs personnages, ne trahissent certainement pas leur auteur.

Stephen BUNARD

Trahisons
De : Harold Pinter Mise en scène : Patrick Martinez & Pascal Laurens Distribution : Carmen Brown, Pascal Laurens, Patrick Martinez.
Lieu : Le Petit Chien, Avignon Horaire : 17h30 - Durée : 1h30
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