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Festival d'Avignon

26 avril 2006 3 26 /04 /avril /2006 11:00
FOODING COMIQUE

« Fab le Nabab », prince de l’humour et de l’absurde, trentenaire tiraillé entre boulot, télé, rêves de filles et alcool, fait partager son truculent monde de bric et de braque. La salle est petite ; le public, d’abord méfiant, s’y laisse finalement mystifier...

« C’est pour vous ». Madame, assise au premier rang, sursaute quelque peu, se retourne, une fois, deux fois. Mais oui, c’est bien à elle que Francis Abraham tend son combiné téléphonique. Le spectacle n’a pourtant pas commencé depuis plus de cinq minutes, et son entrée en matière, entre poésie pure et incantation sardonique, avait déjà pris de court les spectateurs. À genoux devant une valise d’où s’échappe une lumière orange, Francis Abraham a prié pour que le public rie. Et durant tout le long de son one-man-show, il ne cessera de l’inviter à prendre part. Le procédé est risqué, d’autant qu’il s’appuie sur un spectacle atypique.


L’univers de Nabab, ce jeune gérant de fast-food célibataire, ne manque pourtant pas de fantaisie, entre ses rêves de cheeseburgers volants, et ses relations conflictuelles avec un Zébulon en plastique. Mais dans cette espèce de laboratoire fou – où le régisseur sons et lumières est constamment complice – la magie traque constamment l’interstice entre les mots, la musique, l’image ou les gestes. L’absurde s’invite, entre deux fous rires. Parfois, un passage sonne plus creux qu’un autre, et le silence, étrange, s’installe. Mais Francis Abraham est généreux. Jonglant sans cesse entre le sketch classique, le mime absurde ou l’utilisation surprenante du décor,

Salades de museau assume du début à la fin son caractère bordélique, imprévisible, sautillant. À force d’alpaguer le public, à force de gags déchaînés, « Fab » débride la salle. La fin du spectacle vaut à elle seule le détour : les spectateurs, enfin chauds et déboutonnés, assistent hilares aux vies sexuelles croisées de Nabab et de sa brosse à dent ! A la fois inventif, touchant et énergique, Salades de museau plonge ainsi sa salle dans un « no raison’s land » radieux. On peut lui reprocher l’inégalité de ses sketchs – les derniers étant clairement plus piquants. Mais ce serait passer sous silence d’excellents moments, comme son imitation hors-pair de l’écureuil (après Demaison, les rongeurs sont décidément à la mode…). Ne faisons pas la fine bouche : avec ses places bon marché et son humour doux autant qu’audacieux, Salades de museau mérite qu’on y goûte !

William AUDUREAU (Paris)

Salades de museau
Artiste : Fabrice Abraham
Metteur en scène : Arnaud Maillard
Jusqu’au 31 mai, les dimanche, lundi et mardi.
Théâtre des blancs-manteaux, 16 rue des blancs-manteaux, 75004 Paris (M° Hôtel de ville)
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