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Festival d'Avignon

14 avril 2006 5 14 /04 /avril /2006 16:54
VIBRANT HOMMAGE

Magnifique hommage à Dimitri Chostakovitch 2006, l’année du centenaire de Dimitri Chostakovitch, grand compositeur de musique classique mort en 1975. A cette occasion le Théâtre de la Croix- Rousse propose le spectacle sur lequel Philippe Delaigue est à pied d'oeuvre depuis 2001.

Le Quatuor Debussy est à l’origine de cet événement, c’est sur la péniche Opéra à Paris que le quatuor décide de mêler de la correspondance de Chostakovitch à son concert. Cette petite anecdote est évoquée lors de « l’apéro Chostakovitch en lettres et en notes », qui fait partie des rendez vous originaux que propose le théâtre avant la plupart de ses pièces. A la veille de la première, le quatuor Debussy et le comédien sont réunis afin de présenter le spectacle devant quelques personnes. Dans le hall du théâtre, le quatuor prend place et commence à jouer une œuvre de Chostakovitch, après cet époustouflant moment musical, le comédien commence à lire une lettre du compositeur. Le Quatuor Debussy répond avec simplicité et modestie aux différentes questions que le public se pose, puis il rejoue plusieurs morceaux de Chostakovitch dont beaucoup ne font même pas partie du montage.

Crédit photo © David Anemian

Puis vient le soir de la représentation, après le formidable moment d’intimité qu’avait été la présentation du spectacle, le spectateur est plein d’attentes auxquelles le montage et la mise en scène de Philippe Delaigue, le comédien Yves Barbaut et les membres du quatuor répondent entièrement. Les décors et les costumes de Cécile Léna sont assez représentatifs de la vie en URSS, tout en évitant la caricature par leur simplicité. Puis l’ingénieux procédé du mur qui s’avère être une toile peinte, au travers de laquelle le jeu des lumières de Thierry Opigez fait apparaître le quatuor en transparence, sublime le concept du spectacle.

Le comédien interprète un Chostakovitch bouleversant, il parvient à faire ressentir la difficulté d’être un artiste sous un régime où la reconnaissance passe par la seule production d’une œuvre réaliste socialiste ; l’angoisse de Chostakovitch est omniprésente dans les mots, mais aussi dans ses mélodies. Le metteur en scène a d’ailleurs choisi d’entremêler les lettres aux notes, comme si les mots, que Chostakovitch a pu écrire, ne faisaient sens qu’en parallèle avec son œuvre musicale. Un étrange sentiment gagne le spectateur, il plonge au cœur de l’âme tourmentée de Chostakovitch. La scénographie amplifie cette sensation puisque la toile peinte qui sépare le comédien, au devant de la scène, et le quatuor, derrière ce mur qui semble opaque à première vue et qui par les éclairages devient un voile transparent derrière lequel les musiciens apparaissent, ressemble à une vue de l’esprit de Chostakovitch. Le quatuor ne rejoindra d’ailleurs le comédien qu’à la mort du personnage qui se fait elle aussi en musique.

Au final, le concept original du spectacle est exploité avec justesse et rend un hommage vibrant au compositeur, dont les lettres et l'esprit nous semblent désormais familiers. Dommage que les notes s'arrêtent...

Audrey HADORN (Lyon)

Chostakovitch en lettres et en notes
Montage et mise en scène : Philippe Delaigue / Quatuor Debussy
Comédien : Yves Barbaut
Théâtre de la Croix- Rousse du 11 au 15 Avril
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