Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 10:54
EN QUETE DE SENS ET D’AMOUR

Ecrite en 1896, « La Mouette » d'Anton Tchekhov conserve toute sa force. Les maux des personnages, tiraillés par leurs amours désespérées et leur besoin de reconnaissance, leurs questionnements sur le rôle du théâtre et de ses interprètes, restent actuels et pertinents. La mise en scène de Falk Richter, moderne et épurée, met en lumière un très bon jeu d'acteurs.

Treplev, jeune auteur en quête de reconnaissance, a écrit une pièce de théâtre pour Nina, dont il est éperdument amoureux. Mais celle-ci s'embrase pour Trigorine, écrivain reconnu, et amant de la mère de Treplev, Arkadina. Cette actrice, à l'ego démesuré, méprise presque son fils, dont elle redoute le talent. Les personnes de leur entourage, si elles n'appartiennent pas forcément au milieu du théâtre, se questionnent tout autant sur le sens de leur vie. Ainsi Sorine, frère d'Arkadina, qui malgré une vie professionnelle réussie, a l'impression d'avoir tout raté. Ou encore, la jeune Macha, amoureuse désespérée de Treplev, qui ne la voit pas. Elle en épousera un autre pour l'oublier. En vain.


Une mouette, que tue un jour Treplev par désœuvrement, symbolise l'envol brisé de Nina, mais aussi de Treplev. Tous deux essaient de s'émanciper et de se faire un nom dans le milieu du théâtre. Mais face à l'absence de soutien de leurs parents et à un amour sans issue, ils se détruisent.

La mise en scène, moderne, reste épurée et fidèle au texte d'origine. Un décor unique, structure légère en bois, avec escaliers et façades coulissantes, symbolise la maison de Sorine. Un sol vert et, en arrière-plan, un grand écran, où défilent des nuages, représente la campagne. Pas de grands jeux de lumières. Quelques notes de musique par intermittence. Ce décor sobre met en valeur la performance des comédiens. La pièce de Tchekhov comprend dix personnages. Aucun n'a le rôle principal, aucun n'est un héros. Le metteur en scène, Falk Richter, réussit à maintenir cet équilibre. Chaque personnage est très travaillé, dans son ton, sa gestuelle, son style vestimentaire. Chacun a une personnalité forte et complexe. Et c'est ce qui rend chacun attachant, malgré ses défauts.


Tout en nuances

Ainsi Arkadina (remarquable Sylvana Krappatsch), actrice reconnue qui a peur de la relève et de la vieillesse, oscille sans arrêt entre cruauté et fragilité. Cheveux gominés et tenues branchées chic, démarche sophistiquée et gestuelle extravagante, font ressortir son égocentrisme absolu, mais en même temps ses craintes d'être oubliée, dépassée, sa méfiance jalouse envers son fils et Nina, potentiels concurrents. Ecrit en 1896 à Saint-Petersbourg, la pièce de Tchekhov n'a pas pris une ride. Elle est d'ailleurs à l'affiche du Festival d'Avignon 2008, dans une mise en scène de Claire Lasne Darcueil.
A 39 ans, Falk Richter travaille très régulièrement avec la Schaubühne de Berlin, pour qui il a récemment monté deux autres pièces de Tchekhov « Les trois sœurs » et « La cerisaie ». Il est également auteur, notamment de « Gott ist ein DJ » (1998), traduit en 15 langues, et de « das System » (2003), qui sera mis en scène par Stanislas Nordey au prochain festival d'Avignon.

Marie MASI (Berlin)

Texte : « Die Möwe » de Anton Tchekhov.
Mise en scène : Falk Richter
Interprétation : Mark Waschke, Peter Brombacher, Yvon Jansen, Thomas Bading, Karin euhäuser,  Julie Böwe, Andre Jung, Sylvester Groth, Thomas Wodianka.
Décors : Katrin Hoffmann
Costumes : Martin Kraemer
Musique : Paul Lemp
Lumière : Cartsen Sander

Schaubühne am lehniner Platz (www. schaubuehne.de)
Kurfürstendamm 153, Berlin

Prochaine représentation : vendredi 4 juillet 2008.

Photo © Arno Declair

Partager cet article
Repost0

commentaires

Chronique Fraîche