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Festival d'Avignon

21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 10:05
LA LEGENDE D’UN SIECLE

Gérard Berliner, loin des brailleurs estampillés «star system », rend un poignant hommage à Hugo. Une heure et demi d’émotions scéniques comme un précipité de vie. Haletant, intense, renversant. Un spectacle qui donne envie de relire Hugo et de réécouter Berliner… que le public acclame debout.

Est-ce un chanteur, un comédien, un conteur que l’on vient voir ? Ou s’agit-il plutôt d’une des plus immortelles légendes des arts et des lettres, romancier génial, humaniste infatigable, politicien redouté, poète prolifique ? En fait, c’est tout cela à la fois…
Sur scène, Gérard Berliner. Les mordus de belle chanson française se souviendront de « Louise », balade élégiaque au texte tristement intemporel mettant en scène une servante engrossée hors mariage par son amant, mort au front, et frappée d’infamie par une société roucoulant dans une bienséante hypocrisie. Ou encore « Les Amants d’Oradour » poignant requiem des amours clandestines de deux tourtereaux le jour du massacre de la petite commune limousine. Et toutes ces chansons qui parlent d’amour (« Couvre-moi de nous », « La force est avec nous »), de l’enfance (« Voleurs de mamans », « A ton écoute mon petit »). Jusqu'à « Boire aux fontaines » dont le texte était signé Victor Hugo sur l’album « Heureux »…


Ces récurrences, la guerre, l’ignoble condition humaine qui fait verser le sang sur le sang, les femmes, l’amour, les enfants, semblent avoir conduit Berliner vers Hugo. Pendant une heure et demie, il va, tout en nous transmettant sa passion pour l'écrivain, nous faire partager les huit décennies de celui qui fut le plus grand témoin du XIXe siècle en alternant phases de jeu et chansons. En jouant Hugo, en chantant du Hugo, en jouant Berliner racontant Hugo. Le défi est audacieux.

L'arme de l'humour

Pour ce qui est du chant, on sait que Berliner a ce qu’il faut pour séduire. Une voix chaude, capable de balayer toutes les tessitures, de faire un détour dans les aigus pour souligner une émotion ou une phrase plus intime. Qu’il se livre à un manifeste chanté en faveur de l’amour ou qu’il susurre la complainte célèbre « Demain dès l’aube » composé en souvenir de la disparition tragique de Léopoldine Hugo, le chanteur habite la scène de sa voix puissante, charmeuse, romantique, tonitruante.

La phase de comédie n’était en revanche pas gagnée. Jouer Berliner et Hugo sur un quasi identique piédestal : attention casse-gueule. Là, l’arme dégainée est la plus belle, la plus désacralisante : l’humour. En nous présentant un Hugo tout bêtement humain. Avec ses qualités, ses défauts, ses emportements, ses outrances, ses démesures et en appuyant là où ça fait rire. Car derrière le pourfendeur de cette condition inhumaine qui refuse le droit de vote aux femmes, met les gamins à la tâche soixante-dix heures par semaine, préfère payer des bourreaux que des instituteurs (« Au lieu de couper des têtes, emplissons-les »), laisse crever miséreux et misérables ; se dévoile aussi un infatigable coureur de jupons, un authentique épicurien. Et les mots suivent. Hugo peut provoquer l’hilarité d’une salle. Par le jeu de mots (l’évocation de « Sainte-Bave » pour Sainte-Beuve, l’ennemi de toujours), par des remarques franchement hussardes, qu’importe ! Le mot est bon, il n’en est que plus drôle.

C’est en jouant en permanence sur toutes les facettes de son héros que Berliner remporte une belle victoire sur le défi incroyable qu’il s’est lancé. Son spectacle aux lumières chaudes, au décor intimiste et mis en scène selon un découpage en courtes saynètes comme un recueil de sonnets, nous offre l’occasion de redécouvrir le visionnaire qu’était Hugo (l’Europe communautaire, la monnaie unique, l’abolition de la peine de mort étaient déjà ses chevaux de bataille). Main dans la main, Berliner et Hugo sont applaudis par une salle debout. Vivant, Hugo ? Plus que jamais !

Franck BORTELLE (Paris)

Mon alter Hugo
Pièce écrite et interprété par Gérard Berliner
Textes des chansons : Victor Hugo sur des musiques de Gérard Berliner
Lumières : Jacques Rouveyrollis
Accompagnement musical : Roland Romanelli
Durée : 1h30
Théâtre du Petit Gymnase, 38 boulevard de Bonne Nouvelle, 75010 Paris
Locations au 01 42 46 79 79 et points de vente habituels
Jusqu’au 29 juin les mardis et mercredis à 19 heures et dimanches à 18 heures.

A Avignon du 10 juillet au 2 août 2008 à 17 heures au Capitole
L’album et le dvd du spectacle sont en vente sur le site de Gérard Berliner http://www.gerard-berliner.com


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commentaires

annie 19/08/2008 08:52

parlez-vous bien du même spectacle Mme SABATHE, où avez-vous vu que les gens se cassent à la première occasion? J'ai vu le spectacle à AVIGNON, salle comble, applaudissements, acclamation debout, tout ce qui est merveilleusement dit par M. BORTELLE n'est que le reflet de la vérité. C'est bien la première critique négative, et du surcroît, avec tant d'agressivité, que je vois sur cet excellent spectacle et la prestation de Gérard BERLINER.

Franck BORTELLE 18/08/2008 08:24

Berliner n'est pas un pote à moi et quand bien même en serait-il un, si j'avais à dire que son spectacle ne m'avait pas plu, je le dirais ! Sinon, je maintiens absolument TOUT ce que j'ai écrit et je crois devoir vous rappeler puisque de toute évidence vous ne vous en êtes même pas aperçue : le spectacle critiqué à été vu à Paris et non à Avignon. Maintenant que sa version avignonaise fut la pire chose du OFF n'engage que vous, même si pour affirmer pareille chose il faudrait au moins avoir TOUT vu. Ce n'est plus du théâtre alors, mais de l'usinage... Et l'usinage entraîne la satiété, l'écoeurement et surtout un total manque de discernement au bout du compte...

Geneviève Sabathé 23/07/2008 09:24

Mais c'est quoi cette critique, Berliner est un pote à vous, ou quoi? Jamais spectacle ne fut plus ringard. Quant au public, non seulement, il n'acclame pas debout ce malheureux Berliner mais il se casse à la première occasion. Personnellement, je dirai que ce spectacle "misérable" est le pire du festival OFF. Hormis peut-être "les Combustibles" massacrés au théâtre Notre Dame.Geneviève Sabathé

Chronique Fraîche