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Festival d'Avignon

20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 13:17
TROP PLEIN D'HYSTERIE

Les mots schizophréniques d'Antonina Velikanova et d'Ivan Viripaev ont été pour la première fois joués en allemand, à la Sophiensaele. Conte russe mélancolique, métaphysique et blasphématoire, « Genesis 2 » nous plonge dans un monde suffocant et absurde. Katarina Gaub a fait le choix d'une mise en scène surjouant la folie avec environnement psychiatrique et blouses blanches. Un peu trop peut-être.


Le trio et son double, ou la schizophrénie comme écriture théâtrale. Il y a d'abord la femme de Loth, Dieu, et le prophète Jean. Mais aussi leurs doubles contemporains, Antonina Velikanova, l'auteur devenue schizophrène, Arcadie Illitch, le psychiatre, et Ivan Viripaev lui-même en narrateur/témoin. Le jeune et talentueux auteur russe Ivan Viripaev s'inspire une fois de plus d'un thème biblique dans « Genesis N.2 », construisant une longue litanie sur l'existence de Dieu flirtant entre folie et métaphysique, humour mélancolique et surréalisme ravageur. Dans cet étrange échange à deux fois trois voix, le blasphème n’est pas forcément là où on l’attend. Dieu lui-même semble nier son existence quand Antonina/femme de Loth, malgré son scepticisme, voudrait tant réussir à croire. En Dieu, en l’humanité, en l’avenir.


Troublante femme de Loth

Sur un plateau immense, dévasté, la folie imprègne chaque scène. La femme de Loth apparait en camisole blanche dans une baignoire poussée par une infirmière pinup. Le prophète Johannes, censé servir des intermèdes « comiques » selon les notes de Viripaev, circule sur un char roulant avec lampions, musique et karaoké. Soudain le psychiatre laisse tomber sa blouse blanche et s’agite nu avec pour seul habit son écharpe enroulée autour du pénis avant une séance de copulation dans la baignoire avec une femme de Loth. La folie se fait plus douce lors d’un tableau onirique et coloré où des figurants à têtes d’animaux viennent entourer le trio d’acteurs, comme un double clin d’œil à l’arche de Noë et à la crèche. 

On connaissait le tandem auteur/metteur en scène Viripaev/ Galin Stoev. Que ce soit pour « Oxygène » ou pour « Genesis 2 », le metteur en scène bulgare agençait la poésie de Viripaev, avec délicatesse et folie. Cette fois-ci c'est Katarina Gaub, jeune metteur en scène et comédienne allemande, qui se frotte à l'univers du plus avant-gardiste des auteurs russes contemporains pour une première traduction allemande, en version moins sobre. Entre théâtre et performance, cette version use et abuse des procédés hystériques. On a beau être troublé et touché par le jeu de Franziska Dick, personnage principal fragile et soumis, l'ensemble de la pièce peine à convaincre. Etait-il nécessaire de surjouer la folie dans cet univers déjà insensé ? Dans cette nouvelle Genèse, la poésie des mots de Viripaev, sa quête de sens dans un monde sans valeur, sont noyées dans un trop plein de cris, nous faisant parfois perdre le fil d’un texte torturé et ténébreux.
                                        Stéphanie PICHON (Berlin)


Genesis Nr 2 de Ivan Viripaev/ Antonina Velikanowa. Première traduction en allemand de Stefan Schmidtke.

Mise en scène : Katarina Gaub
Décor : Neki Küng
Costumes : Karen Simon
Avec : Franziska Dick, Wicki Kalaitzi, Wowo Habdank, Christian Kerepeszki, Thomas Luz.
Une production Katarina Gaub et la Sophiensaele, Berlin.
Prochaines représentations à Bern, Suisse du 17 au 20 décembre 2008.

Crédits photos © Andrea Weber
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