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Festival d'Avignon

23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 07:39
EDWARD HOPPER DANSÉ

Carmen Werner, Prix National 2007 de Danse en Espagne, nous livre sa dernière création « El privilegio de morir » : une explosion sensorielle mêlée à une très grande rigueur technique et esthétique.


Musique bebop, danseurs chapeautés et jupes aux genoux, nous sommes dans les années quarante. Des couloirs de lumières dorées structurent l’espace. La scène est vide, à l’exception d’une chaise en bois et d'une petite table surmontée d’un vase fleuri et d’une tasse de café, qui esquissent un intérieur ; ainsi que quelques chaises pliantes.
Selon la chorégraphe « cette pièce s’inspire des tableaux d’Edward Hopper, de la paix de ses personnages, de leur regard, de leurs couleurs et de leur lumière ». Les danseurs « semblent attendre quelquechose ou quelqu’un, ils ne sont pas tourmentés, peut-être attendent-ils le privilège de mourir ».

el-privilegio.jpg
La mort, considérée comme le destin inéluctable de tous les hommes, n’est pas traitée de façon pathétique ou morbide mais plutôt avec humour. La chorégraphe cite souvent le poète irlandais William Butler Yeats à propos de sa dernière création : « Ni la peur ni l’espoir ne sauvent / L’animal qui se meurt ; / L’homme attend sa fin / Plein de peur et d’espoir […] ». Sur la scène cinq personnages alternent une attente sereine et passive avec des moments de pure fougue passionnée et animale.  De la solitude et de l’immobilité, les danseurs passent alors à une frénésie vitale et amoureuse exprimée par des mouvements rapides et répétitifs, sur le sol, voire sur les murs, et le corps apparaît sauvage et fragile. On observe un grand travail sur les contrastes :  de lumière, de rythmes, d’émotions… Seul l'un des personnages a décidé de prendre en main son destin et de se donner la mort, mais en vain ; la vie le retient.

Le privilège de vivre


Provisional Danza, compagnie crée en 1987 para Carmen Werner, est l'une des formations les plus stables du panorama espagnol. Depuis ses débuts, elle compte plus d’une vingtaine de créations : des petits et grands formats, des spectacles de rue, des vidéos, … et même un opéra. La chorégraphe a récemment vu récompensée l’ensemble de sa carrière avec le Prix National de Danse en 2007. Elle peut être considérée comme l'une des pionnières de la danse contemporaine en Espagne.
Son langage chorégraphique est particulier : elle aborde les idées à transmettre de façon conceptuelle et théâtrale, scrute la limite et les profondeurs de l’humain, et ce, toujours avec une grande rigueur technique et esthétique. Selon elle, dans Le Privilège de mourir, « l’objectif fut de créer un chemin pour que le personnage du tableau (d’Edward Hopper) vive, grandisse et meurt ». C’était la première fois qu’elle travaillait « la sérénité et la paix à travers le mouvement ».

Grâce à sa mise en scène parfaite, son humour, sa musique et ses six danseurs qui transmettent au public une énergie hors du commun, ce qui nous prend au ventre est un privilège, une énorme envie de vivre, d’aimer et de danser.

Sandra VIDAL (Madrid)

El privilegio de morir (Le privilège de mourir).
Chorégraphie et mise en scène : Carmen Werner
Interprètes : Tatiana Chorot, Laura Marrero, Igor Calonge, Josué Espino, Manuel Rodríguez, Carmen Werner
Direction scénique : Daniel Abreu
Illumination : Pedro Fresneda
Costumes :  Virginia Ruiz Robles
Assistant de direction : Viky P. Miranda
Musique : Masahiro Hiramoto, Tony Bennett, Cole Porter, Fennesz, Oren Ambarchi


Dans la salle Cuarta Pared à Madrid le 5 et 6 février 2008. En tournée en Espagne dans les prochains mois.
http://www.provisionaldanza.com

Photo © Emilio Tenorio
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