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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 20:10
ON A BIEN MORDU

Un titre à rallonge. Et pourtant dans Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre, mise en scène par Philippe Sireuil au Théâtre National, il n’y a rien à jeter.


La caravane a la rouille qui pendouille, une aussi grise mine que le fauteuil club en skai qui lui est adossé. Elle présente malgré tout quelques touches de coquetterie qu’un enfant de la balle semble lui avoir donné : une banderole rouge et quelques étoiles de cirque la ponctuent et s’effacent malgré leur résistance à l’empreinte du temps. Une lumière apparaît à la petite fenêtre rondelette du véhicule, puis l’homme entre en scène.

chien.jpg
Chapeau melon, costume esquinté, cravate à pois, chaussures à la pointure surdimensionnée. Il dresse le tableau. Nous sommes dans son refuge périurbain, au centre de son refus du monde. Au bord de l’autoroute, il s’invente un océan et jouit de cette « vue imprenable sur le trafic du monde ». Reclus ? Pas tout à fait. Cinq minutes à peine et il dégaine son costume de portier. Vêtement plus soigné, attifé d’un haut de forme surplombé d’une plume aux couleurs belges : quelle dégaine ! Mais voilà qu’un chien dont le passe-temps est de provoquer sur la route des accidents toque à la porte. Il vient troubler la quiétude de son univers de misère ordinaire. C'est bien sa veine. Il veut se faire adopter mais, avant toute chose, son estomac combler.

Le chien parle, argumente, plaisante, provoque, séduit. Lui aussi a des airs clownesques avec son chapeau melon et ses pompes à rallonge. Qui est la bête ? Où est l’homme ? On ne sait plus trop, troublé que l’on est par ce tourbillon de mots et d’idées. Les dialogues fusent, les deux comédiens Philippe Jeusette et Fabrice Schillaci joutent verbalement dans des envolées lyriques dignes de Devos. Jean-Marie Piemme a écrit là un texte tantôt drôle, fluide et touchant, tantôt subversif, acerbe et provocant. Un phrasé qui annihile toute possibilité de décrocher. D’ailleurs pas un seul instant l’idée ne viendrait nous effleurer.

Dessine-moi un enfant


En huit saynettes, les deux êtres apprennent à se connaître. Ils se cachent la vérité puis se l’avouent, se chamaillent, se font la moue. Ils se trahissent et se rabibochent. En un mot, ils apprivoisent pas à patte leur côté sauvage. Suggéré par le chien, le duo aimerait devenir trio. Le portier a perdu la garde de sa fille et par là même espoir et estime. Le chien tente d’apaiser son rejet d’une société qui à sa marge l’a confiné. Ces deux sprinteurs du verbe s’en donnent à cœur joie, leurs talents sont différents mais se complètent à bon escient. Le chien est roublard, son maître assez bourru et un poil bougon. Ce besoin irrépressible d’exister aux yeux de l’autre va les réunir.

Philippe Sireuil a fait merveille avec sa mise en scène. Canaliser deux forces de la nature n’est pas tâche simple. Plus fort, il parvient à ce qu’ils ne s’étouffent pas mais se font chanter l’un l’autre. Leur duo tutoie les sommets. Certains détails ajoutent une touche cocasse au plaisir incessant de cette pièce aux accents loquaces. Les oreilles du chien s’affolent et se dressent quand il écoute. Un téléphone rouge relié directement à la SPA tombe du ciel en cas d’urgence.

On rit beaucoup, de soi, des autres, de la société et de ses incongruités, des hommes politiques alcoolisés. Les aspérités et la cruauté de l’humanité ne sont nullement occultées. Ce dialogue éblouit, il a du chien et donne irrémédiablement les crocs.

Gabriel HAHN (Bruxelles)

Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre

Texte de Jean-Marie Piemme
Mise en scène, scénographie et lumières Philippe Sireuil
Assisatnte à la mise en scène Christelle Alexandre
Costumes, assistante à la scénographie Catherine Somers
Musique originale Yvan Harcq
Interprétation
Le portier Philippe Jeusette
Le chien Fabrice Schillaci
Régie lumière, son Didier Covassin
Machiniste Jean-François Opdebeeck

Théâtre National de Bruxelles du 23 octobre au 10 novembre 2007.

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commentaires

Franck BORTELLE 12/04/2008 15:04

Non parce que je suis critique à Rue du Théâtre mais parce que je trouve votre intervention déplacée pour ne pas dire sophiste, je me permets de prendre la parole sur ce sujet. J'imagine comme tous les membres de cette société, que vous ne mangez pas de foie gras à Noël, vous refusez tout ce qui est à base d'oeufs issus de poules élevées en batterie dans des conditions abominables et ne foulez jamais le moindre gazon de peur d'y écraser un ver de terre... Sachez que vous êtes membre d'une association dont un des anciens présidents, vétérinaire de son état, a tué une de mes chiennes l'an passé, en toute impunité et sans être le moins du monde inquiété parce que surprotégé par l'Ordre des Vétérinaires. Ce même personnage fut bizarrement mis en cause pour des histoires de gestion opaque de la même SPA. Enfin, sachez que les chenils de France "gérés" par la SPA sont d'une insalubrité inavouable, ce qui n'empêchent pas les bonnes âmes se présentant dans ces lieux pour y faire du bénévolat de s'en retourner comme ils sont venus avec une fin de non recevoir prononcée par les administrateurs (je parle de choses que j'ai vécues...). Alors, au lieu de vous émouvoir d'une photo montrant un animal valide, en bonne santé et loin de subir ce que subissent les chiens dans les chenils de la SPA, commencez par regarder ce qu'il se passe tout prés de chez vous. Je défends la cause animale également. J'ai une chienne pour laquelle j'ai fait ce que certains ne feraient même pas pour un gosse. Mais je trouve que là, vous poussez le bouchon vraiment trop loin. Voilà c'est tout et désolé de cette intrusion peu théâtrale...

ruedutheatre 12/04/2008 11:01

mademoiselle, cette photo n'est d'abord pas un montage de la rédaction mais une photo donnée par les artistes du spectacle et que nous avons simplement publiée ; quant à la question de sa nature scandaleuse, nous ne sommes pas les ennemis des animaux et n'y lisont pas de souffrance particulière ; si votre sensibilité particluière trouvent des raisons de s'en émouvoir, nous pouvons le comprendre mais n'avons pas en ce qui nous concerne les moyens de vous répondre davantage. Bonne journée, la rédaction.

Stéphanie protection des animaux SPA 12/04/2008 00:34

Bonjour,Je trouve scandaleux de mettre cette photo de se chien coincé entre un arbre!!!Meme si toute fois sa serai une photo-montage!!Veuillez s.v.p retirer l'image en question  merci de votre conpréhension.

Chronique Fraîche