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Festival d'Avignon

27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 11:22
NOUVELLE VOIE

Grande métaphore du régime communiste Bulgare des années 80, cette pièce allie humour, aventure, tragédie et dénonciation. Un mélange étonnant, surtout dans l’espace restreint d’un autobus…


Un maniaque, un alcoolique, un vieux paysan, un rebelle rockeur, un joueur de violoncelle VIP, un couple d’amoureux, un duo de divorcés par intérêts, tout ce beau monde conduit par un chauffeur peu délicat qui n’en fait qu’à sa tête… Faisant d’abord ses courses pendant les heures de service, puis voulant aller voir sa maman et finissant avec une bouteille de « gnole » au volant, les passagers sont de moins en moins rassurés et la révolte se fait sentir. Chaque personnage représentant une valeur propre, la dénonciation n’en est que plus sévère. Virages serrés, accidents frôlés, bagarres à l’intérieur du bus… On s’amuse à voir les personnages se révéler à leurs justes valeurs tout au long du voyage, au fur et à mesure que la pression monte jusqu’au point de non retour. Faut-il vraiment faire confiance au chauffeur ? On constatera très vite que non.

l-autobus-2.jpg
Coiffures délirantes, maquillages lourds, ces personnages sont de véritables caricatures. Les amoureux ont l’inconscience et l’espoir de la jeunesse, l’alcoolique titube tout le long du chemin, le paysan joue l’idiot du village, le musicien est si snob qu’il ne veut pas jouer pour la petite société… Le tout pour un melting-people d’un genre nouveau. Le chauffeur dans tout cela reste invisible et pourtant toujours présent. Situé à l’étage du bus, il représente un régime politique contrôlant la totalité du véhicule avec violence et entêtement.
La mise en scène va dans ce sens, avec des lumières soulignant la vitesse de l’engin matérialisé par un squelette en métal posé sur des ressorts. Le tout est mouvant, avec des sièges renversables, des fenêtres simulées avec virtuosité et une échelle démontable pour rejoindre le conducteur. Ce mécanisme fonctionne à merveille, avec des possibilités de jeu multiples, ce dont ne se privent pas les comédiens…

La mise en scène est très réussie, les personnages sont parfaitement bien dessinés, les rebondissements surviennent assez souvent pour maintenir un rythme cadencé. Des chants bulgares s’ajoutent à la fête, ainsi que des bruitages superbement agencés. La froideur de cette structure de bus en métal nous rappelle à une période où la Bulgarie vivait des jours sombres, à partager avec de l’humour, symbole, dans la pure tradition du théâtre d'Europe centrale et orientale, de résistance et de renaissance.

Jennifer MAYEUR
www.ruedutheatre.info

Texte : Stanislav Stratiev
Traduction: Athanase Popov
Adaptation et mise en scène : Laurence Renn
Interprétation : Raphaël Almosni, Pascan Andres, Lionel Bécimol, Sandrine Bounhoure, Pierre Gérard, Olovier Mathé, Natacha Mircovich, Christian Ruché, Marc Ségala
Scénographie : Thierry Grand
Lumières : Didier Girard
Maquillages : Catherine Saint-Sever

Au théâtre du Chien qui fume à 12h30.

Photo © DR

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